(Spécialement) Privation des choses nécessaires à la vie.
La Pauvreté, ah ! la garce ! Elle va dans un cortège d'humiliations, de basses rancunes, de fangeuses abdications. Elle traîne, derrière elle, sa soeur la Misère, au rire édenté, aux orbites desséchées, aux doigts mous.
(Victor Méric, Les Compagnons de l'Escopette, Éditions de l'Épi, Paris, 1930, p. 34)
La misère, quoi qu'on en pense, n'incite pas au crime [?]
(Francis Carco, L'Homme de minuit, Éditions Albin Michel, Paris, 1938)
Ainsi toute cette philosophie sert à voiler les misères de l'époque [?] Elle sert à détourner les exploités de la contemplation périlleuse pour les exploiteurs, de leur dégradation, de leur abaissement.
(Paul Nizan, Les Chiens de garde, 1932)
Ayant une suffisante connaissance des taudis de Marseille, je m'imaginais que leur misère n'était guère dépassable.
(Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
Comme approchait le jour de l'inauguration du nouveau président, le désordre, la crainte et la misère étendaient leur empire.
(André Maurois, Chantiers américains, 1933)
La misère qui règne est indescriptible. Les troupes ont transformé les environs en un vaste désert, où il ne reste plus un habitant, plus une tête de bétail, plus un boisseau de grain. L'intendance ne réussit plus à pourvoir aux besoins de tous les ventres affamés dont elle a la charge.
(Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 96)