1. Les graphes , au sens classique de la théorie des graphes, sont au coeur du troisième point de vue développé, en particulier, par Chein et Mugnier et le groupe de Montpellier. Les connaissances sont, comme dans les deux approches précédentes, représentées par des graphes étiquetés mais cette fois-ci les mécanismes de raisonnement sont basés sur des opérations de graphes, en particulier sur l'homomorphisme de graphes (cette opération était appelée 'projection' dans les premiers travaux sur les graphes conceptuels, mais cette opération est sans relation avec l'opération appelée projection dans les bases de données). Cette troisième approche n'est pas indépendante de la logique puisque les graphes conceptuels peuvent être munis d'une sémantique en logique du premier ordre et que les raisonnements basés sur l'homomorphisme de graphes sont corrects et complets pour cette sémantique. Dit simplement, toutes les inférences faites en logique peuvent être faites par des opérations de graphes et réciproquement. L'un des intérêts essentiels de cette approche est de pouvoir utiliser des algorithmes de graphes qui s'avèrent efficaces pour faire des raisonnements. Le problème de base, l'interrogation par une requête qui est un graphe conceptuel, d'une base de graphes conceptuels, est un problème NP-complet mais qui est polynomial en la taille de la base de graphes (cf. la « data complexity » utilisée en bases de données). Cette approche permet également de voir les liens entre les graphes conceptuels et les bases de données ou la satisfaction de contraintes.
2. Un graphe conceptuel est un formalisme de représentation de connaissances et de raisonnements. Ce formalisme a été introduit par John F. Sowa en 1984. Depuis cette date, ce formalisme a été développé suivant trois directions principales : interface graphique de la logique du premier ordre, système diagrammatique pour la logique du premier ordre, formalisme de représentation de connaissances et de raisonnement basé sur les graphes.