1. (Vieilli) Rendre frisé et annelé comme la laine d'un mouton.
2. (Argot) Dénoncer.
3. (Intransitif) (Désuet) (Élevage) Exercer le métier de moutonnier, de berger itinérant.
Nous autres, pauvres, il faut attendre presque la fin de l'existence pour s'arrêter de moutonner, et toi, voilà ! [?]
(Roger Boussinot, Vie et mort de Jean Chalosse moutonnier des Landes, 1976)
4. (Pronominal) Se couvrir de petits nuages blancs qui forment des flocons pressés, en parlant du ciel.
Le ciel se moutonne.
5. (Intransitif) Se former comme la mer, un lac, une rivière dont les eaux commencent à s'agiter et à blanchir.
Sais-je où s'en iront tes cheveuxCrépus comme mer qui moutonneSais-je où s'en iront tes cheveuxEt tes mains feuilles de l'automneQue jonchent aussi nos aveux
(Guillaume Apollinaire, Marie, dans Alcools, 1913)
L'échelonnement des haiesMoutonne à l'infini, merClaire dans le brouillard clairQui sent bon les jeunes baies.
(Paul Verlaine, 13, dans Sagesse, 1875)
6. (Intransitif) (Littéraire) (Rare) Se presser comme des moutons en troupeau.
La bande joyeuse moutonnait autour d'un blond jeune homme, cheveux lustrés et bouclés, joues et lèvres peintes du plus bel incarnat, mains potelées et couvertes de pierreries.
(Paul Lafargue, Pie IX au Paradis, 1890)
Quasimodo vit alors distinctement moutonner dans le Parvis un effrayant troupeau d'hommes et de femmes en haillons.
(Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, 1831)