1. Juger quelque chose digne d'une grande pitié, d'une grande compassion.
La généralité des Américains s'imaginaient la guerre d'après les campagnes limitées, avantageuses et pittoresques, qui avaient eu lieu autrefois. [?]. Ils étaient enclins aussi à la regretter, comme un exercice ennoblissant, à déplorer qu'il ne fût plus possible d'en expérimenter les émotions. (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d'Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, p. 211 de l'éd. de 1921)
Nous voici devisant avec des Montalbanais de toutes sortes, gens fins et subtils, très avertis du fléau dont nous recherchons les causes, le dénonçant, le déplorant même, le vitupérant, le décrivant, l'analysant, l'exécrant, l'accablant d'imprécations, mais s'en tenant là. (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
Épouse Victor, ma Julie. Un jour tu déploreras amèrement sa nullité, son défaut d'ordre, son égoïsme, son indélicatesse, son ineptie en amour, et mille autres chagrins qui te viendront par lui. (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, La Femme de trente ans)
Je ne suis pas venu déplorer ce malheur avec Votre Grâce sans m'être efforcé d'y trouver un remède. (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l'anglais par Alexandre Dumas, 1820)
2. Exprimer une forte contrariété ou un vif regret pour quelque chose.
Tu n'es qu'un chichiteux, lui dit sa mère, un emmerdeur, précisent les autres membres de sa famille et ses amis, une foutue buse, déplore sa compagne. - Sylvie Germain, Brèves de solitude
3. Considérer avec une profonde compassion ou pitié.
La généralité des Américains s'imaginaient la guerre d'après les campagnes limitées, avantageuses et pittoresques, qui avaient eu lieu autrefois. [...]. Ils étaient enclins aussi à la regretter, comme un exercice ennoblissant, à déplorer qu'il ne fût plus possible d'en expérimenter les émotions. - H. G. Wells, La Guerre dans les airs