1. (Vieilli) Mauvais lit suspendu, étroit, sale et sans rideaux, où couchaient les esclaves, les pauvres et les philosophes cyniques.
Du fond du grabatAs-tu vu l'étoileQue l'hiver dévoile ?Comme ton coeur bat,
(Paul Verlaine, Sagesse, Vanier, 1902, page 261)
(Figuré) ? Toujours penchée sur le grabat des âmes, Elle lavait les plaies, pansait les blessures, réconfortait les défaillantes langueurs des conversions.
(Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
J'ai dormi sur mon grabat solitaire comme un religieux de l'ordre de Saint-Benoît.
(Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831)
On trouva cet indigent couché sur un méchant grabat.
2. (Par extension) Lit dépourvu de tout ce qui est nécessaire au coucher.
Cinq ou six grabats se touchant, dans l'unique pièce où les buées d'une lessive répandaient leur tiédeur acide.
(Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
3. (Vieilli) Lit de très basse qualité, souvent suspendu, étroit, insalubre et dépourvu de rideaux, traditionnellement utilisé par des individus de condition modeste tels que les esclaves, les indigents ou encore certains philosophes antiques.
Du fond du grabatAs-tu vu l'étoileQue l'hiver dévoile ?Comme ton coeur bat, [...]
4. (Par extension) Couchage sommaire manquant des éléments essentiels à un confort minimal pour le repos.
Un bien vilain monsieur, qui doit dormir sur un grabat bourré d'or et de bank-notes.