1. (Figuré) Séminariste ou prêtre catholique.
Considérons aussi ces jeunes lévites que le peuple nomme séminards. Bien que ceux-ci et celles-là soient, pour la plupart, de bonnes personnes, pouvons-nous pardonner à Sainte-Église d'enlaidir ainsi l'Humanité?
(Gaston Gros, L'amour dans le Roman de la Rose, 1925, p.81)
Le défenseur avait assez bien plaidé, dans cette langue de province qui a longtemps constitué l'éloquence du barreau (?) langue où un mari s'appelle un époux, (?) les élèves du séminaire, ces tendres lévites, les erreurs imputées aux journaux, l'imposture qui distille son venin dans les colonnes de ces organes, etc., etc.
(Hugo, Les Misérables , Fantine, VII, 9, 1862)
M. Chelan trouva dans ses manières un certain feu tout mondain, bien différent de celui qui eût dû animer un jeune lévite.
(Stendhal, Le rouge et le noir)
2. (Figuré) Celui qui est attaché aveuglément au chef d'une formation, d'un parti, d'une secte, d'une école.
Je me souviens d'avoir vu ce philosophe entouré de ses lévites.
Même les jeunes chasseurs, les « lévites » qui descendaient en foule les degrés du temple à ce moment, parce que c'était celui de la relève, ne firent pas attention aux deux arrivants, dont l'un, M. de Charlus, tenait, en baissant les yeux, à montrer qu'il leur en accordait très peu. .
(Proust, Sodome et Gomorrhe, 1923)
3. Long vêtement d'homme qui rappelle le vêtement des lévites.
Sa tenue suffisait à prouver qu'il ne pensait point à rendre visite à ses voisins : des bottes de roulier dont les tirants pendaient, une lévite d'un vert bouteille défraîchi, un carnier en bandoulière, et sa fourchetine sous le bras.
(Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chap.2, 1910)
Le vieillard, de son côté, s'apercevant qu'il n'était plus seul, jeta un regard rapide sur son costume et sur sa lévite.
(Alexandre Dumas, Joseph Balsamo, 1846)
4. (Antiquité) (Religion) Membre de la tribu de Lévi, à qui était réservé le service du temple.
Le Temple envoyait une commission de prêtres et de lévites pour enquêter sur Yohanân.
(Eric-Emmanuel Schmitt, L'Évangile selon Pilate, Albin Michel, 2000. Prologue)
L'hymne d'actions de grâces s'élevait au ciel ; à la voix des choeurs se joignaient les sons éclatants des tambourins et des trompettes, et les filles de Sion mêlaient leurs saints cantiques aux accents du lévite et du guerrier.
(Walter Scott, Ivanhoé, ch. XXXIX, traduit de l'anglais par Alexandre Dumas, 1820)