1. (Par extension) Ensemble d'ouvrages ou de simples écrits typiques, produits par un groupe social particulier, ou pour un public ciblé.
Certains articles sentent la pression, tantôt légère, tantôt brutale. Il y a un mot pour ce genre de littérature.
Les écrivains anarchistes qui demeurèrent fidèles à leur ancienne littérature révolutionnaire, ne semblent pas avoir vu de très bon oeil le passage de leurs amis dans les syndicats [?]
(Georges Sorel, Lettre à Daniel Halévy, 15 juillet 1907, dans Réflexions sur la violence, 1908)
La littérature municipale, syndicale, ésotérique ; littérature de bricolage, de conseils pour la santé et le bien-être.
2. (Par extension) Domaine particulier de production éditoriale.
Parmi la maigre littérature, en particulier francophone, concernant la malherbologie, il manquait une synthèse taxonomique sur la flore des champs cultivés.
(Philippe Jauzein, Flore des champs cultivés, Éditions Quae, 2011, p. 7)
La lecture de la littérature gynécologique et, en particulier, celle des articles consacrés à la lutte contre la stérilité, renforce l'impression d'une grande monotonie et surtout d'une grande brièveté dans l'acte.
(Alain Corbin, Les Filles de noce, 1978)
3. Ensemble des productions littéraires d'une nation, d'un pays, d'une époque.
L'anglais paie le prix fort de son hégémonie. Car le « globish » disgracieux que l'on ânonne d'un bout à l'autre de notre monde globalisé n'a rien à voir avec la langue abondante, élégante et infiniment plastique qui a fait les riches heures de la littérature d'expression anglaise [?].
(Élie Barnavie, « L'Anglais, langue en péril », dans Marianne (magazine), Modèle:nº, 3 juillet 2010)
La plus belle époque de la littérature arabe est celle qui précède le siècle des croisades. Nos premiers chevaliers sont entrés en Orient au milieu de la splendeur dont elle témoignait, car la littérature est le miroir des temps.
(Pierre Louÿs, La Femme dans la poésie arabe, dans Archipel, 1932)
On affirme trop souvent qu'après la première génération félibréenne et les oeuvres de Roumanille, d'Aubanel et de Mistral, la littérature de langue d'oc n'a point soutenu sa valeur, et que, Mistral disparu, le Félibrige a reçu un coup mortel.
(Émile Ripert, Le Félibrige, 1924, p. 129)
[?] c'était l'époque où, toute froissée de nos malheurs, si grands et si récents, la littérature semblait n'avoir d'autre occupation que de consoler notre vanité malheureuse.
(Stendhal, De l'Amour, 1822, 3e préface du 15 mars 1843)
Malgré la critique amère des bouffons ignorants, nous osons assurer que les lettres peuvent seules polir l'esprit, perfectionner le goût, et prêter des grâces aux sciences. Il faut même pour être profond dans la Littérature, abandonner les auteurs qui n'ont fait que l'effleurer et puiser dans les sources de l'antiquité, la connaissance de la religion, de la politique, du gouvernement, des lois, des moeurs, des coutumes, des cérémonies, des jeux, des fêtes, des sacrifices et des spectacles de la Grèce et de Rome.
(Diderot, Encyclopédie, art. Littérature (Jaucourt), 1772)