1. (Linguistique) Fait de rabaisser la valeur d'un mot.
Le mot poison avait au XIVe siècle [?] le sens de potion [?] Mais dès la fin du XIVe siècle, on se met à l'utiliser par euphémisme dans le sens de boisson mortelle, puis d'ingrédient que l'on met dans une boisson pour la rendre mortelle. Peu à peu, cette péjoration de l'euphémisme entraîne une spécialisation du mot dans ce sens et donne finalement au mot le sens plein de ce qu'il voilait à l'origine.
(Jean-Paul Borel, Recherches en linguistique, vol. 2, 1975)
2. (Rare) Fait de rabaisser la valeur de quelque chose.
3. On qualifie de péjoratif , en sémantique et en lexicologie, un mot ou une expression ayant une connotation négative, par laquelle le locuteur exprime désapprobation, dérision, mépris ou dégoût pour ce dont il parle. Des termes fortement péjoratifs peuvent constituer des insultes ou des injures. La création d'un terme péjoratif s'appelle la péjoration ; ce terme s'applique aussi, en diachronie, pour décrire l'évolution sémantique d'un mot dans un sens dépréciatif.
4. (Rare) Action de diminuer en valeur ou qualité quelque chose; détérioration.
Beaucoup plus que la précarité historique de l'imposition politico-linguistique, il faut impérieusement mettre en lumière les effets psychologiques absolument néfastes, produits par la péjoration ostentatoire des langues africaines par l'enseignement scolaire et qui constitue l'aspect fondamental de la colonisation mentale.
5. (Linguistique) Processus par lequel la signification d'un mot se dégrade ou s'altère négativement.
La péjoration des euphémismes successifs et leur remplacement en chaîne sont parfois si rapides qu'une quantité d'euphémismes de même sens, plus ou moins avancés, si l'on peut dire, dans la péjoration, peuvent être en usage à la même époque.
6. (Rare) Détérioration notable dans un contexte environnemental ou autre.
La sécheresse de 1969-1973 a favorisé l'éclosion d'une abondante littérature sur la péjoration du couvert végétal en Afrique sahélienne et sur les causes de cette évolution.