1. (Par extension) Manifestation publique de réprobation pour refuser, renier, rejeter, quelque chose ou quelqu'un, le désigner à la vindicte populaire.
Ce fut d'abord un grand haro parmi les amis de Rodolphe lorsqu'ils apprirent son mariage. (Henry Murger, Scènes de la vie de bohème, 1848)
2. (Par extension) Clameur pour refuser, renier, rejeter, quelque chose ou quelqu'un.
Haro sur l'huile de palme, accusée de contribuer à la déforestation et d'être nocive pour nos artères. (Huile indésirable, dans L'Usine nouvelle n° 3186, du 1er avril 2010)
Dès qu'on évoque le rôle de l'interprétation analogique dans une argumentation ou une invention scientifiques, on entend aussitôt crier haro sur la métaphore. (J.-C. Passeron, Analogie, connaissance et poésie, dans, Métaphores et analogies : schèmes argumentatifs des sciences sociales, Librairie Droz, 2000, p.19)
3. Cri des chasseurs pour exciter les chiens de chasse.
4. (Vieilli) Cri de victime pour attirer l'attention, appel au secours.
5. (Histoire) Procédure dont on se servait, suivant la coutume de Normandie, pour faire arrêt sur quelqu'un ou sur quelque chose (au Moyen Âge, cri des marchands signifiant la fin d'une vente), et pour aller sur-le-champ devant le juge.
(Figuré) ?il se fit une clameur de haro sur l'orgueil du négociant ; son affectation à ne voir personne, à ne pas descendre au Havre, fut alors remarquée et attribuée à un mépris dont se vengea le Havre en mettant en question cette soudaine fortune. (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)