1. (Figuré) (Familier) Épier attentivement, convoiter avidement.
Car, chose curieuse, les puissants de ce monde ne guignent que les faibles. Plus un pays est galeux, aride, démuni, plus il excite les convoitises.
(San-Antonio, Béru-Béru, Éditions Fleuve noir, 1970, III, 9)
Et s'il vous épouse jamais, ce ne sera pas par amour, mais parce qu'il criera famine et guignera votre argent.
(Anton Tchekhov, Polinka, 1887, traduction Anne Coldefy-Faucard, Librio 698, 2004, E.J.L.)
« Le bricolier n'est pas mauvais, il y a longtemps que je le guigne. Mais impossible de s'entendre avec ce niguedouille ! »
(Nicolas Gogol, Les Âmes mortes, 1842 ; traduction de Henri Mongault, 1949)
Ils guignaient depuis longtemps, pour leur nouvelle installation, [?], une petite boutique, en forme de hangar, avec une vitrine d'une seule glace et une unique pièce sur le derrière.
(H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d'Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, p. 47 de l'éd. de 1921)
2. (Vieilli) Regarder sans faire semblant.
Il guignait par le trou de la serrure dans la chambre de la famille. Il fit un geste silencieux de la main pour me faire tenir tranquille et de nouveau guigna par le trou de la serrure. Il riait.
(Knut Hamsun, La Faim, traduction de Georges Sautreau, 1961, p. 264)
Car enfin il ne m'emballe pas, moi, ce raplati de Karfeck et il est un peu dégoûtant, ce vieux qui guigne tout le temps les mollets de Clotte.
(Paul Margueritte, Jouir, 1918, T. 2, p. 78)
4. (Figuré, Familier) Désirer avec insistance.
Car, chose curieuse, les puissants de ce monde ne guignent que les faibles. Plus un pays est galeux, aride, démuni, plus il excite les convoitises.
5. Variante orthographique de « guignier », désignant un arbre fruitier dont les fruits sont des cerises.
...ils plantèrent des vignes; les terrains défrichés de Mons, Thenisy, Chalautre et Gurcy se couvrirent de guigners, cerisiers et noyers, etc.