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1. L'association à but non lucratif (Loi 1901) 'Mémoire de poilus' a reconstruit, à partir de pièces d'origines provenant de plusieurs spécimens, un char St-Chamond M1, baptisé 'Madelon' (nom d'un spécimen historique), qui est donc le dernier exemplaire au monde en état de marche.
2. À l'origine, les sociétés Saint-Chamond et Schneider reçoivent chacune une commande de l'Armée Française de quatre cents exemplaires d'un même char. Au début de 1916, alors que leur prototype commun, le tracteur A , est en cours de finition dans un atelier de l'armée, le soldat Pierre Lescure conçoit le compartiment de combat, et le lieutenant Fouché fait rallonger la suspension pour améliorer le comportement en tout terrain. Le train de chenilles est directement inspiré par les tracteurs Holt-Caterpillar, déjà utilisés par l'armée pour le halage des pièces d'artillerie lourde.
3. Le Saint-Chamond est le deuxième char d'assaut produit pour l'armée française au cours de la Première Guerre mondiale. Il est beaucoup plus lourd et plus long, mais aussi mieux armé que le premier, le char Schneider CA1. Quatre cents exemplaires sont fabriqués par la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d'Homécourt (FAMH) à Saint-Chamond. Né de la rivalité entre d'une part la firme de Saint-Chamond, et d'autre part de la société Schneider, il se révèle assez peu efficace sur des terrains bouleversés par les tranchées et les impacts de l'artillerie. Cependant en 1918, lors de la reprise de la guerre de mouvement en rase campagne, son canon de 75 mm est utilisé pour attaquer à distance l'artillerie de campagne adverse. La principale faiblesse du char Saint-Chamond était son train de chenilles beaucoup trop court et sujet à de fréquents déraillements. La guerre prend fin avant que les chars Saint-Chamond ne soient entièrement remplacés par des chars lourds britanniques.
4. Saint Chamond utilise les relations au ministère de la Guerre d'un de ses directeurs techniques, le colonel Émile Rimailho, un des deux coinventeurs du fameux canon de 75 mm Mle 1897, pour faire accepter les spécifications de leur propre projet. Notamment, le ministère approuve le montage d'un canon de 75 mm normal, à tube long, sur le char Saint-Chamond. Le résultat de cette validation est de rendre le char Saint-Chamond plus long et plus lourd que le char Schneider, avec un compartiment de combat allongé, dépassant largement le train chenilles, tant à l'avant qu'à l'arrière. Le premier prototype du char Saint-Chamond est présenté à l'Armée et approuvé en septembre 1916. Les premières sorties d'usine datent d'avril 1917.
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