1. (En particulier) (Droit) La reconnaissance que fait une partie du droit prétendu par son adversaire.
L'aveu d'une dette. - Aveu judiciaire, extrajudiciaire.
2. (Droit féodal) Acte qu'un vassal était obligé de donner à son seigneur et par lequel il avouait, reconnaissait tenir de lui tel ou tel héritage.
Qui ne croirait, d'après cela, que ce devoir de grenouillage ne fût une obligation extrêmement répandue en Bretagne? Cependant, parmi les nombreux aveux de seigneuries bretonnes que j'ai eu occasion de lire, je n'en ai trouvé qu'un seul exemple, au profit de l'évêque de Saint-Brieuc. (Arthur de La Borderie, Annuaire historique et archéologique de la Bretagne - année 1861, Rennes : Ganche & Paris : Durand, 1861, p.191)
3. Témoignage qu'on rend de ce qu'un autre a dit ou fait.
J'ai été, de l'aveu de tout le monde, le plus célèbre marchand de fromages à la crème dans Babylone, et j'ai été ruiné. (Voltaire, Zadig ou la Destinée, XV. Le pêcheur, 1748)
4. (Par extension) (Histoire) L'acte par lequel un seigneur avouait, reconnaissait quelqu'un pour vassal ou un vassal quelqu'un pour seigneur.
5. L'aveu est la reconnaissance par un plaideur de l'exactitude d'un fait allégué contre lui, qui constitue un mode de preuve du fait avoué.
6. Déclaration verbale ou écrite par laquelle on reconnaît avoir fait ou dit quelque chose.
Les Lettres à l'Étrangère, [?], ces lettres contiennent des aveux, voilés, il est vrai, des histoires obscures, sans doute, mais reconnaissables pour qui connaît un peu l'existence secrète de Balzac. (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
On avait dépouillé Rébecca de ses ornements, de crainte qu'il ne s'y trouvât quelques-unes de ces amulettes que Satan, à ce qu'on supposait, donnait à ses victimes pour les priver du pouvoir de faire des aveux, même sous la force de la torture. (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l'anglais par Alexandre Dumas, 1820)
7. (Vieilli) Approbation, consentement, agrément qu'une personne supérieure donne à ce qu'un inférieur a fait ou a dessein de faire.
Ne donne pas ton coeur sans ta main, dit Caroline à Modeste une heure avant sa mort, et surtout n'accueille aucun hommage sans l'aveu de notre mère ou de papa... (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
8. En droit seigneurial, l'aveu est une déclaration écrite que doit fournir le vassal à son suzerain lorsqu'il entre en possession d'un fief (par achat ou héritage). L'aveu est accompagné d'un dénombrement ou minu décrivant en détail les biens composant le fief.