1. Sverre passe avec eux toutes les fêtes et leur dévoile finalement ses ambitions. Après Noël il se rend en Värmland afin de rencontrer Cécilia une fille de Sigurd II de Norvège qui était l'épouse du noble Folkvid le Lögsögumad. Ils le reçoivent tous deux avec empressement. Des rumeurs annonçant la défaite et la mort d'Eystein Eysteinsson parviennent alors à Sverre et les « Birkebeiner » qui avait appris l'existence au Värmland d'un fils de Sigurd lui envoient une délégation lui demandant de prendre leur tête. Dans un premier temps il refuse parce que les Birkebeiner n'étaient qu'une petite bande désorganisée mais lorsqu'ils le menacent de le tuer et de porter sa tête en gage de soumission au roi Magnus V de Norvège il accepte. Il bénéficie par contre désormais de l'appui sans faille de Birger Brosa et de son épouse qui constituent en Suède une base arrière pour le mouvement.
2. Beaucoup d'opposants, convaincus qu'Erling recherchait à les éliminer, estiment que la lutte armée est leur seul moyen de survivre. Avec leurs suivants, ils se retirent dans les forêts et les montagnes où, comme des brigands, ils vivent des dangers constants. Ce parti de mécontents populaires se rassemble dans les régions peu peuplées des confins orientaux d'où ils se jettent alternativement sur le Vestfold ou Viken et Oslo ou le Trondelag et Trondheim. Ils peuvent ainsi aisément chercher refuge en Suède. Dans le souci de légitimer leur combat, ils apportent leur soutien à tous les prétendants, rejetons vrais ou supposés de la famille royale. On les appelle « Birkebeiner » (littéralement « jambières de bouleau ») parce qu'ils sont parfois obligés de recouvrir leurs pieds d'écorce de bouleau à la place de chaussures. Dans leur combat contre le régime « tyrannique » d'Erling et du roi mineur Magnus, les Birkebeiner se transforment en parti « patriotique » qui, peu après, sous la conduite d'un chef extraordinaire, réalise une révolution et fait revivre l'idéal perdu d'une Norvège unie et indépendante dirigée par une monarchie forte .
3. En 1217, à la disparition du roi Inge II de Norvège, son fils illégitime est écarté du trône ainsi que son demi-frère consanguin Skúli Bárdarson qui ne descendait pas même en ligne féminine de la famille royale. La Hird profitant de l'absence de l'archevêque exige que l'on procède sans tarder à l'élection d'un nouveau roi. Par attachement à la famille et aussi sans doute à la politique de Sverre, Håkon Haakonarsson est élu par les « Birkebeiner » conduits par l'influent Vegard de Veradal qui avait épousé sa mère Inga en 1207. Toutefois, l'archevêque Guttorm (1215 ? 1224) et les évêques refusent de reconnaître Haakon s'il ne fournit pas les preuves de sa légitimité...