1. Tirer sur un animal en le faisant se ramasser sur lui-même comme une boule.
Il aimait se promener et bouler un lapin de temps en temps.
2. Enfler de la racine, en parlant du grain semé [1].
3. (Par extension) S'applique à l'homme.
Le vent était si fort, que j'ai été boulé !
4. Enfler sa gorge, en parlant du pigeon [1].
5. Avoir du mal à prononcer, par précipitation, au théâtre, faire une boulette.
Naturellement tu as encore beaucoup de progrès à faire, ta voix est insuffisamment travaillée et tu « boules » certains mots, mais ta tenue de scène est excellente et je suis certain?
(Jean-Pierre Ferrière, Maquillage, éditions Ditis, 1957)
6. Chuter en se ramassant sur soi-même, en parlant d'un animal, lièvre ou lapin, et par extension d'une personne.
Juste après le coup de fusil, on le vit bouler.
À une pause, ivre de sommeil, je distingue mal la berme pour m'asseoir et je boule jusqu'au bas de la digue.
(Julien Gracq, Manuscrits de guerre, vers 1941-1942, p. 61)
7. Prendre une forme arrondie.
Tout l'horizon se hérissait d'arbres tors et coudés, des branches fourchues, hersant les bords du ciel, d'un vaste ciel pâle où se boulaient, en des cernes ardoisés, de grands nuages pénétrés de lumière diffuse, vitrifiée, blanche comme l'amiante.
(Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, 1911, p. 201)
8. (Lorraine) Détruire, écrouler, particulièrement s'agissant d'une construction ou d'un bâtiment
Le terrassier est venu ; c'était le seul moyen de bouler ce mur proprement.
9. Enfler, en parlant du pain, former une boule. Se mettre en boule, se pelotonner.
[?] le soir, elle [Mme Désableau] se boulait sur sa chaise.
(Joris-Karl Huysmans, En ménage, 1881, p. 67)