1. (Figuré) (Rare) Discours véhément et emphatique.
Henri eut un petit rire. Il se souvint tout à coup d'une vieille chronique où il avait, pour flétrir, stigmatiser, juvénaliser les comportements bourgeois, accumulé des bataillons d'imprécations pétaradantes, de prosopopées incendiaires, d'antithèses fulgurantes.
(Victor Méric, Les Compagnons de l'Escopette, Éditions de l'Épi, Paris, 1930, pp. 81-82)
2. (Rhétorique) Figure de style par laquelle l'orateur introduit dans son discours soit une personne morte, absente ou feinte, soit une chose inanimée qu'il personnifie, qu'il fait parler ou agir.
Les directions d'un grand empire liées à celles de l'Europe furent contrôlées par des êtres d'abjection. Toutes les enquêtes sur la monarchie de droit divin, toutes les prosopopées de la royauté ne pourront prévaloir contre les conclusions qu'emportent ces bouts de faits.
(Joseph Caillaux, Mes Mémoires, I, Ma jeunesse orgueilleuse, 1942)
Ces quatre sources sont 1° le besoin ; 2° le pléonasme ; 3° la métathèse ; 4° l'énallage. Parmi les figures de pensées, au nombre de dix-huit, il [Phoebammon] en distingue deux nées du besoin : l'aposiopèse et l'épitrochasmos ; six nées du pléonasme : la prodiorthose, l'épidiorthose, la procatalepse, la paralipse, la diotypose, l'épimone ; six nées de la métathèse : la prosopopée, l'éthopée, la figure appelée ??????, parce qu'elle tient de l'une et de l'autre, l'interrogation appelée ????????, l'interrogation appelée ??????, et la prétérition ; quatre nées de l'énallage : l'ironie, la dubitation, l'allusion satirique, l'apostrophe.
(Étienne Gros, Étude sur l'état de la rhétorique chez les Grecs, Typographie de Firmin Didot Frères, Paris, 1835)
3. La prosopopée (substantif féminin), du grec ???????? prosôpon (face, figure) et ????? poiéô (faire, fabriquer) est une figure de style qui consiste à faire parler un mort, un animal, une chose personnifiée, une abstraction. Elle est proche de la personnification, du portrait et de l'éthopée. En rhétorique, lorsqu'elle fait intervenir l'auteur, qui semble introduire les paroles de l'être fictif, on la nomme la sermocination.
4. (Rhétorique) Figure de rhétorique consistant à faire parler une entité absente, morte ou fictive, ou à donner la parole à un objet inanimé.
Les directions d'un grand empire liées à celles de l'Europe furent contrôlées par des êtres d'abjection. Toutes les enquêtes sur la monarchie de droit divin, toutes les prosopopées de la royauté ne pourront prévaloir contre les conclusions qu'emportent ces bouts de faits.