1. Sensibilité fausse et outrée ; affectation de sensibilité.
Donc, plus de fausse pudeur ni de sensiblerie de mauvais aloi. Plus de sentimentalités stériles, dommageables, le plus souvent exagérées, et dont ne sont même plus dupes les passants ? aux coups de chapeaux convenus devant les corbillards.
(Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, L'Appareil pour l'analyse chimique du dernier soupir, dans les Contes cruels, Calmann Lévy, 1893, p.202)
Voilà ce qu'il faut réapprendre aux Français, gâtés d'un côté par les prétentions, le snobisme, la fausse élégance, de l'autre par une philosophie pleurnicharde, toute faite d'abandons à une sensibilité assez vile, à une sensiblerie aussi vaine que dévirilisante.
(Louis Thomas, Arthur de Gobineau, inventeur du racisme (1816-1882), Paris : Mercure de France, 1941, p.23)
Mais le diable a soufflé là-dessus, de son haleine fiévreuse et empestée, et les pires billevesées ont pris leur vol. L'homme a inventé les dieux et il a créé l'amour avec son cortège de sensibleries ridicules ou criminelles.
(Victor Méric, Les Compagnons de l'Escopette, Éditions de l'Épi, Paris, 1930, p. 118)
[?], Modeste offre, comme autrefois sa mère, une coquette expression de cette grâce peu comprise en France, où nous l'appelons sensiblerie, mais qui, chez les Allemandes, est la poésie du coeur arrivée à la surface de l'être et s'épanchant en minauderies chez les sottes, en divines manières chez les filles spirituelles.
(Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
3. Disposition à une sensibilité excessive et affectée, souvent perçue comme artificielle ou exagérée.
Mais le diable a soufflé là-dessus, de son haleine fiévreuse et empestée, et les pires billevesées ont pris leur vol. L'homme a inventé les dieux et il a créé l'amour avec son cortège de sensibleries ridicules ou criminelles.