1. (Littéraire) Nonchalance, laisser-aller.
La fleur au-dessous du chignon, la mantille formant bec au-dessus et l'éventail en main, des cigarières s'acheminent vers la manufacture de tabac, non de ce pas leste et menu qui a valu à nos ouvrières le joli nom de trottins, mais avec le nonchaloir et le balancement des filles de l'Orient. (Auguste Bleton, Au delà des Pyrénées, A. Storck, Lyon, 1899, p. 51)
Dès lors, les interruptions se sont entrecroisées, avec cette aimable désinvolture, cette bonne humeur, ce nonchaloir de bonne compagnie qui sont l'apanage reconnu de l'esprit français. (Auguste de Villiers de L'Isle-Adam, Chez les passants, Comptoir d'édition, Paris, 1890, p. 269)
Sous l'Odéon, sentine de littérature, se gargarise, de sonnets si je ne m'abuse, tout un groupe bizarre. La nouvelle école, me dit-on. Ils sont une douzaine qui fument, avec une exquise maladresse (et combien de nonchaloir !) des cigares de dix centimes allumés en cuiller. Ils ricanent, et l'on dit qu'ils vont fonder une revue. (Maurice Barrès, Le Quartier latin, C. Dalou, 1888, p. 15)
Bien malheureux sont les hommes qui n'ont jamais été trompés ! ils ne connaissent point et ne peuvent comprendre la satanique beauté, le charme particulier, le nonchaloir d'impudeur déhanchée, la lubricité poignante qui se trouvent réunis dans une femme coupable, dans un corps profané comme dans une coupe empoisonnée qui attire. (Octave Uzanne, Le Bric-à-brac de l'amour, É. Rouveyre, 1879, p. 84)
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! (Charles Baudelaire, La Chevelure dans Les Fleurs du mal, 1861)
2. Attitude d'indifférence ou de désintérêt marquée par un manque d'énergie ou de diligence.
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! - Charles Baudelaire, La Chevelure dans Les Fleurs du mal