1. Action de jacasser.
Jacques Paganel, toujours démonstratif, poussa quelques soupirs de satisfaction qui firent lever des troupes de perruches et de kakatoès. Ce fut un concert de jacasseries assourdissantes.
(Jules Verne, Les Enfants du capitaine Grant, 1846)
2. Flux de paroles inutiles ou incohérentes, discours creux.
C'est un gang d'hypocrites ! Menteurs un jour, menteurs toujours ! Ils changeront jamais. Tout le temps des cachettes, des belles explications pour se justifier, du blabla, du blabla... pas autre chose que du blabla.
(Robert Maltais, Le Curé du Mile End, Québec Amérique, 2009, p.251)
Quel lecteur peut avaler et comprendre un tel blabla? et Sagnard l'a-t-il compris et avalé lui-même? C'est avec des traductions de ce type que les Gnostiques sont encore aujourd'hui méprisés et ignorés ? quand ils ne sont pas pris pour de simples imaginatifs!
(Bernard Dubourg, L'invention de Jésus, tome I, « L'hébreu du Nouveau Testament », Paris, Éditions Gallimard, 1987, p. 159)
3. Variante de blabla.
Cette onomatopée tripartite, inventée par Paul Gordeaux désigne les expressions ampoulées et conventionnelles qui permettent au ministère de nous entretenir d'espoirs chimériques. Les lecteurs les plus éveillés du canard se demandent parfois si leur journal ne tombe pas dans un bla bla bla à rebours qui n'a pas fini de les émerveiller !
(Canard Enchainé 20 avril 1946)
Et nos loquaces sont tout aussi babillants sur le sabbath et sur le Fils de l'homme censé en être le maître; et ils glosent et reglosent sur l'abolition du sabbath par le christianisme naissant, et sur l'histoire de cette abolition... Mais tout ça c'est blablabla...
(Bernard Dubourg, L'invention de Jésus, tome II, « La fabrication du Nouveau Testament », Paris, Éditions Gallimard, 1989, p. 49)
4. Variante orthographique de blabla.
5. (Rhétorique) (Familier) Bavardage utilisé pour duper ses auditeurs ou ses clients.
Après quoi vient tout le baratin habituel : tu viens souvent ici, t'es du coin et patati et patata.
(Bérangère C. Didier, Humides et chaudes, Lulu.com, 2008)
6. Propos que débitent les charlatans et saltimbanques pour attirer les clients.
Puis, faisant tourner alternativement chacune des roues comme un camelot qui veut montrer le bon fonctionnement d'un article, il poursuit son boniment d'un ton convaincu.
(Astrid van der Staten, Un enfant troublant, 1994)
? Tu crois ça, toi ? Eh bien, moi je dis qu'il faut que les curés nous prennent sérieusement pour des poires, de nous envoyer des boniments comme ça !
(Alphonse Allais, Pour cause de fin de bail : Sceptique Enfance, Éditions de la Revue blanche, 1899, p. 70)
Faire un boniment, Débiter un boniment, vanter sa marchandise.
7. Un boniment est un propos dont l'objectif est de plaire, convaincre ou séduire.
8. Manière de penser dénuée de raison ; état d'esprit contraire à la raison, au bon sens.
Sa conduite et ses propos sont la déraison même.
Ce langage témoigne d'une complète déraison.
9. (Familier) Chose sans importance, sans utilité, sans intérêt, dénuée de sens.
Un éditeur [?] lui proposa de rafistoler les manuscrits d'un grand faiseur feuilletonnesque. [?]. Henri se mit à la besogne, remania l'infâme et crasseuse foutaise du romancier célèbre, pimenta cette ratatouille sans goût.
(Victor Méric, Les Compagnons de l'Escopette, Éditions de l'Épi, Paris, 1930, p. 32)
Quand il arriva vers chez Doni, pouf ! il prit une première bûche en jurant des « tonnerre de Dieu ! » contre ce sale chemin que le père Bréda, le cantonnier (un feignant qui n'avait fait que sept ans et la campagne d'Italie, quelle foutaise !) entretenait salement mal.
(Louis Pergaud, La Guerre des boutons)
10. Bullshit est une expression d'anglais américain qui signifie littéralement « merde de taureau » ou « merde de bison ». Elle est l'équivalent de « foutaise », ou « connerie ». Elle sert à dénoncer un mensonge ou une exagération et la traduction la plus juste serait « c'est des conneries » dans la plupart des cas. Bullcrap en est une version plus modérée.
11. (Vulgaire) Action de se moquer de quelqu'un ou quelque chose.
Et pour les hacktivistes, l'humour est aussi un outil. « On accepte toutes les caricatures, tous les foutages de gueule, affirme Okhin, parce qu'on sait que nos adversaires ne les acceptent pas du tout.
(Amaelle Guiton, Hackers: Au coeur de la résistance numérique, Au Diable Vauvert, 2013)
C'était tellement absurde que quelques spectateurs furent pris d'un rire nerveux. Voilà qui offrait enfin la possibilité de considérer tout ce discours comme un immense foutage de gueule.
(Jonathan Coe , Bienvenue au club, Gallimard, 2011)
C'est ce que l'on appelle des convictions à géométrie variable ou du foutage de gueule ! Et en foutage de gueule, je m'y connais.
(Victor Ojeda-Mari, Candide et son pote George W. Bush, 2012, vol.1, p.174)
Il devenait foutage de gueule avec son auditoire, limite insultant.
(Journées d'un vendeur de rêves par Frédéric Zech, 2009, éd. Société des écrivains, p. 84)
12. Qui parle de manière excessive et bruyante.
Tout le long des grandes maisons grises, la chaleur coule sans arrêt. Ce sont de longues heures prisonnières qui finissent dans des soirs enflammés croulant sur la ville populeuse et jacassante.