1. (Musique) Hymne qui se chante, avec pompe et cérémonie, pour rendre grâces à Dieu d'une victoire ou de tout autre évènement heureux.
Étonnez-vous donc, après tout ça, que les Évêques aient chanté le Te Deum pour Napoléon III ; l'homme couvert de sang ne leur déplait pas ; c'est peut-être même à cela qu'ils reconnaissent le favori de Dieu.
(Émile Thirion, La Politique au village, p. 132, Fischbacher, 1896)
On chantait presque tous les mois des Te Deum pour quelque nouvelle victoire, et le canon de l'arsenal tirait ses vingt et un coups, qui vous faisaient trembler le coeur.
(Erckmann-Chatrian, Histoire d'un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
2. (Religion) Cantique de l'église, qui se dit ordinairement à la fin de matines.
De Kyrie en Te Deum,Vin du Cantique et sang divin,Le vin réjouit le coeur de l'homme,Du Père du Fils, de l'Esprit Saint!
(Juliette Noureddine; Petite messe solennelle, 2008)
II te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,Comme un enfant de choeur, jouer de l'encensoir,Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère,[?].
(Charles Baudelaire; La muse vénale,)
Un hourra d'acclamations joyeuses retentit sur le tillac et monta vers le ciel comme une prière d'église, comme le premier cri du Te Deum.
(Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, La Femme de trente ans)
3. Cérémonie qui accompagne cette action de grâces.
Et seuls les vieillards, témoins du Te Deum chanté à Notre-Dame en 1859 pour célébrer les victoires de l'armée d'Italie, pouvaient nous dire la pompe d'une telle fête dans la vieille basilique et la splendeur de l'hymne triomphal sous ses voûtes où, de siècle en siècle, retentirent tant de chants de bonheur et de reconnaissance.
(Georges Lecomte; Le ''Te Deum'' de Notre-Dame in l'Illustration du 30 novembre 1918)
4. Le Te Deum est un hymne latin chrétien. Dans les manuscrits anciens, on lui donne aussi parfois les titres de laus angelica (louange angélique), hymnus in die dominica (hymne pour le dimanche), ou hymnus ambrosianus (hymne ambrosienne), par allusion à l'un de ses auteurs présumés, Ambroise de Milan. Cet hymne en prose ou in directum en latin, de structure archaïque, date probablement de la fin du IVe siècle ou du début du Ve siècle. Il est chanté à l'office monastique et romain des matines (vigiles ou office des lectures selon les appellations) ou des laudes (des dimanches et de certains jours de fête).