1. Mettre à mort, ou frapper de quelque autre peine, une personne sur dix, selon que le sort en décide. Il s'est dit principalement, dans l'antiquité, en parlant de soldats qui avaient mérité d'être punis, ou de vaincus.
2. (Par extension) Ce verbe a pris un sens plus large, et en particulier indique plutôt que la majorité a disparu et non pas les 10% du sens original. Il signifie alors « massacrer » ou « tuer ».
Pasteur diagnostiqua le mal : c'était la maladie dite des morts flats ou flacherie, indépendante de la pébrine. Contrairement à l'opinion générale, deux maladies différentes, mais concomitantes, décimaient les magnaneries. (Maurice Vallery-Radot, Pasteur, Librairie académique Perrin, 1994)
La tuberculose, la sous-alimentation décimaient ces victimes de la guerre et elles nous arrivaient dans un état de délabrement, de dénuement total. (Bachaga Boualam, Les Harkis au service de la France, p.90, France-Empire, 1963)
3. Supprimer un dixième de quelque chose.
4. Modifier des échantillons pour n'en garder que l'essentiel. Référence nécessaire
Il est possible de décimer un signal audio.
5. Réduire un groupe par dixième, action principalement appliquée dans l'Antiquité aux soldats ou aux vaincus selon le sort.
6. Exterminer une grande partie d'une population ou d'un ensemble, impliquant souvent un massacre.
Comme, durant la guerre, on décimait parfois, pour l'exemple, les régiments des vivants, on décima cette fois, pour notre édification encore, l'innombrable armée des morts. On déterra dans les cimetières du front six cadavres sans nom ; on tira l'un d'eux au sort. - Jean Guéhenno, Journal d'un homme de 4 ans