1. (Désuet) Variante de gicler.
2. (Familier) Dégager; débarrasser quelqu'un ou quelque chose en le retirant d'un lieu où il se trouvait engagé.
Maintenant les nains ont giclé Blanche Neige et tapent.
(IAM, Petit Frère)
3. Jaillir en éclaboussant, éclabousser, fuser.
Sa misère et sa honte lui serviront de passeport pour entrer au ciel. Là-haut, la boue de son existence giclera autour d'elle en étoiles glorieuses.
(Marcel Aymé, Clérambard, II, 3, 1950, p. 95)
Je mordais l'orange, un jus sucré giclait dans ma bouche.
(Françoise Sagan, Bonjour tristesse, Julliard, 1954, p. 36)
Il passait constamment sa main gauche sous son nez, comme pour arrêter le saignement. Mais le sang giclait toujours.
(Jean-Paul Sartre, La Nausée, Gallimard, 1938, p. 211)
Elle court. Elle remonte le sentier, piétinant dans les flaques qui giclent.
(Claude Farrère, L'Homme qui assassina, 1907, p. 295)
4. Se répandre en jaillissant de tous côtés.
Il giclait des quartiers de viande, des morceaux de fesses, des rognons loin, jusque dessus la Rue royale et puis dans les nuages. C'était l'odeur impitoyable, la tripe dans l'urine et les bouffées des cadavres, le foie gras bien décomposé?
(Louis-Ferdinand Céline, Mort à crédit, Denoël, 1936, p. 380)
Le plomb sort par les entailles et se répand dans les chairs en tournoyant et en giclant.
(Georges Duhamel, Chronique des Pasquier, vol. 7 : Cécile parmi nous, Mercure de France, Paris, 1938, p. 121)
5. Asperger de liquide, éclabousser.
Les hommes bien habillés qui font attention à ne pas salir leurs chaussures, à ne pas gicler leurs pantalons bien pliés.
(Anne-Lise Grobéty, Zéro positif, Bertil Galland, Vevey, 1975, page 192)