1. Genre d'esprit qui ne manque ni de distinction ni d'élégance, mais qui tombe facilement dans la prétention.
La Garouffière, qui prétendait fort au bel esprit, se fit apporter un portefeuille.
(SCARR. Rom. com. II, ch. 13)
2. Personne dont l'esprit est orné de connaissances agréables.
Vous recevez beaucoup de visites ? Quel bel esprit est des vôtres ?
(MOL. ib. 10)
Oui, allez dire qu'on peut nous voir ; c'est sans doute un bel esprit qui a ouï parler de nous.
(MOL. Préc. 6)
Ascagne est statuaire, Hégion fondeur, Eschine foulon, et Cydias bel esprit, c'est sa profession.
(LA BRUY. ib.)
Je le sais, Théobalde, vous êtes vieilli ; mais voudriez-vous que je crusse que vous êtes baissé, que vous n'êtes plus poëte ni bel esprit ?
(LA BRUY. 5)
Voiture est le premier qui fut en France ce qu'on appelle un bel esprit.
(VOLT. Louis XIV, Écrivains, Voiture)
3. (Vieilli) (Désuet) Celui qui affecte de l'esprit, ou affiche celui qu'il a.
De pareilles bévues ne font-elles pas plus de honte aux prétendus beaux-esprits qui les mettent en avant, qu'aux artistes qu'on voudrait ainsi ravaler ?
(Jacques Nicolas Paillot de Montabert, Traité complet de la peinture, 1829)
4. (Par extension) Écrivain très spirituel.
5. Genre d'esprit qui ne manque ni de distinction ni d'élégance, mais qui tombe facilement dans la prétention.
La Garouffière, qui prétendait fort au bel esprit, se fit apporter un portefeuille.
(Paul Scarron, Le Roman comique, II, ch. 13, 1657)