1. Pédanterie ; air, ton, caractère, manières de pédant.
Les positivistes, qui représentent, à un degré, éminent, la médiocrité, l'orgueil et le pédantisme, avaient décrété que la philosophie devait disparaître devant leur science ; mais la philosophie n'est point morte et elle s'est réveillée avec éclat [?]
(Georges Sorel, Réflexions sur la violence, chap. IV, La Grève prolétarienne, 1908, p. 193-194)
Depuis Ronsard et Joachim du Bellay les meilleurs esprits trouvent l'orthographe française trop surchargée, sentent le besoin de la simplifier. Voici pourquoi. C'est qu'elle était très simple au XVe siècle, et que les grammairiens du XVIe siècle, par affectation scientifique, par pédantisme, l'avaient grièvement compliquée.
(Émile Faguet, Simplification simple de l'orthographe, 1905)
[?] car Modeste, qui sut éviter selon sa promesse les ridicules du pédantisme, est encore l'orgueil et le bonheur de son mari comme de sa famille et de tous ceux qui composent sa société.
(Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
Ainsi mon pédantisme avait porté le fruit que j'en espérais. Il m'avait valu le meilleur lit de l'auberge [?]
(Alexandre Dumas, Impressions de voyage, Revue des deux Mondes, T. 1, 1833)
2. Le pédantisme est une attitude relationnelle caractérisée par une tendance à un élitisme volontiers mondain et orgueilleux, et à l'étalage d'une érudition académique (vraie ou simulée), reflétée par des « travers physiques et langagiers » dont une « immuabilité dans la prestance », une hyperprécision du savoir, systématique et exagérée, souvent jargonneuse et appuyée à l'excès sur les mots valises ou inventés (néologie) et par une certaine incapacité à prendre en compte l'interlocuteur, rendant le discours ennuyeux parce qu'obscur. Quand le savoir est simulé, ou volontairement détourné, le discours pédant tend aussi à l'arbitraire et peut cacher le mensonge.
3. Vaine gloire que l'on tire de petites choses.
Mais ce n'est là qu'une frime. Au fond, Grévy a pris le goût de l'Élysée ; il n'est pas insensible à la gloriole et aux menus avantages matériels de la présidence.
(Alexandre Zévaès, Histoire de la Troisième République 1870 à 1926, Éditions Georges-Anquetil, 1926, p.247)
[?] toujours est-il que j'ai eu la croix et que j'ai été porté à l'ordre du jour. C'est le plus beau de mon affaire ; j'avoue que j'ai eu un instant de gloriole [?].
(Comtesse de Ségur, L'Auberge de l'Ange-Gardien, 1888)
A supposer, par exemple, [?] qu'il n'eût pas nui à une personne contre laquelle il se croyait des griefs, [?], aussitôt se glissait, s'insinuait, en lui, une certaine satisfaction et une certaine gloriole, aboutissant à cette inepte conclusion qu'il était supérieur à bien d'autres ; [?].
(Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
C'est pour la gloriole qu'il rapatrie son enfant à Gentilly?que ça va faire bien dans tout le quartier cet enterrement du jeune héros.
(Alphonse Boudard, Le corbillard de Jules, Éditions de la Table Ronde, 1979, page 104)
4. Attitude, comportement d'une personne qui fait preuve d'érudition de manière ostentatoire et souvent inappropriée, marqué par une importance excessive accordée aux détails formels ou triviaux.
Les positivistes, qui représentent, à un degré éminent, la médiocrité, l'orgueil et le pédantisme, avaient décrété que la philosophie devait disparaître devant leur science ; mais la philosophie n'est point morte et elle s'est réveillée avec éclat [...]