1. Ne pas dire ; passer sous silence.
C'est un homme sûr et qui ne dit jamais rien de ce qu'il faut taire.
Il vous a bien dit telle chose, mais il vous en a tu beaucoup d'autres.
2. Maîtriser un sentiment ; le contraindre au silence.
Il a fait taire son ressentiment.
3. Ne pas faire de bruit ; en ce sens, il se dit des animaux, et généralement de tout ce qui est capable de faire du bruit.
Notre canon a fait taire celui de l'ennemi, il a mis celui de l'ennemi hors d'état de continuer à tirer.
Faites taire ces chiens.
Faites taire cet enfant.
4. (Pronominal) Garder le silence, s'abstenir de parler.
Il ne peut se taire sur le service, du service que vous lui avez rendu.
Se taire sur quelque chose ou simplement se taire, ne pas divulguer un secret.
Dans dix ans, parmi les vestiges de Beaumat, les souffles du vent, les croassements des corbeaux et la chute des pierres retentiront seuls ; nulle oreille humaine ne les entendra et la cloche du village elle-même se taira, fatiguée de tinter seulement pour les morts. (Ludovic Naudeau, La France se regarde : Le problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
En de telles circonstances, tous les ressentiments doivent se taire.
Ne pouvoir se taire d'une chose, la publier partout, en parler sans cesse.
Il se tut sur ce que le hasard lui avait fait découvrir.
Il a manqué une belle occasion de se taire, il a parlé mal à propos, il s'est fait du tort en parlant.
La mer et les vents se turent à la voix de Jésus-Christ.
Il promit de se taire.
? Je suis citoyen britannique ! ? continua Bert, obstiné. ? Vous n'êtes pas obligés d'écouter, mais rien ne me force à me taire. (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d'Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, p. 352 de l'éd. de 1921)