1. (Jeux) Ce qu'on gage ou ce qu'on joue, sans le déterminer précisément, et qu'on laisse à la volonté soit de celui qui gagne, soit de celui qui perd.
Gagner, perdre une discrétion.
2. Réserve, retenue, dans les actions et dans les paroles.
User d'une permission avec discrétion.
Un zèle sans discrétion.
Il n'a point de discrétion.
Il a beaucoup de discrétion.
Agir, parler avec discrétion.
Une indéniable sérénité se reflétait sur ses traits. Peut-être était-ce l'apaisante influence du cigare dont la bague rouge, ornée d'un somptueux écu gaufré d'or, indiquait sans discrétion le prix. (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
3. (En particulier) Qualité qui consiste à garder un secret.
Le bitcoin est défini comme une donnée informatique qui passe directement de l'ordinateur du vendeur à celui de l'acheteur en P2P (peer to peer, d'ordinateur à ordinateur). Ces monnaies virtuelles représentent donc l'outil rêvé pour les transactions qui nécessitent une opacité extrême et une discrétion totale comme celles qui participent au blanchiment de l'argent sale. (Michel Hautefeuille et ?Emma Wieviorka, La Légalisation des drogues : Une mesure de salut public, Odile Jacob, 2014)
Ne dévisage pas ainsi? Ici, la discrétion est de règle. On ne se connaît ou l'on ne se reconnaît pas. (Victor Méric, Les Compagnons de l'Escopette, Éditions de l'Épi, Paris, 1930, p. 78)
4. Droit ou pouvoir qu'on a de décider.
Se rendre à discrétion, Se mettre à la merci du vainqueur.
Être à la discrétion de quelqu'un, Dépendre absolument de quelqu'un.
Laisser quelque chose à la discrétion de quelqu'un.
Se remettre à la discrétion de quelqu'un dans une affaire, S'en rapporter absolument à son jugement, à sa décision, à sa volonté pour une affaire, dans la confiance qu'on a en sa justice et en sa sagesse.
Quelques maisons furent livrées au pillage, et trois des principaux habitants fusillés par jugement du conseil de guerre, exécution qui ne violait pas la capitulation, dont les clauses avaient mis les Véronais à la discrétion des vainqueurs. (Abel Hugo, France militaire. Histoire des armées françaises de terre et de mer de 1792 à 1837, Paris : Delloye, 1838, vol. 2, p. 182)