1. (Religion) (Par métonymie) Dans le langage biblique, les parties que l'on doit cacher.
C'est pourquoi j'ai relevé vos vêtements sur votre visage, et on a vu votre honte. (Isaac Louis Lemaistre de Sacy, Bible, Jérémie, XIII, 26)
2. Par exclamation.
3. La honte est une émotion complexe. Elle se distingue des autres émotions par sa dimension sociale, secrète, narcissique, corporelle et spirituelle. La honte a des aspects positifs et négatifs. Elle est parfois définie comme la version sociale de culpabilité, et joue un rôle dans la phobie sociale.
4. (Familier) (Par hyperbole) Ce qui ne convient pas, ce qui est messéant.
Car c'est honte de vivre et de n'être amoureux. (Abbé Mathurin Régnier, Épît., II)
Et que c'est honte au roi de ne leur donner rien. (Abbé Mathurin Régnier, Sat., II)
5. Se dit aussi au pluriel (Voltaire a condamné cet emploi ; mais, outre les autorités, la raison et l'usage n'empêchent pas d'employer ce mot abstrait au pluriel).
Il aurait fallu prévoir les écueils d'un tel succès, et empêcher les méfaits et les hontes dont le monarque délivré allait charger sa couronne, et, jusqu'à un certain point, la responsabilité de ses libérateurs. (Villem., la Tribune franç. Châteaubriand, ch. 14)
La plus brillante fortune ne mérite point ni le tourment que je me donne, ni les humiliations, ni les hontes que j'essuie. (Jean de la Bruyère, VIII)
Pour réserver sa tête aux hontes du supplice. (Pierre Corneille, Pomp., V, 3)
Mais tu sais quel orgueil ont lors montré les comtes ;
Les soins que cette amour nous donne en cette vie
6. (Désuet) Déshonneur, opprobre, humiliation (ce qui est le sens étymologique et ancien).
Et si je n'écoutais que ta honte et ma gloire. (Voltaire, Zaïre, III, 4)
Il fait à l'homme de bien une honte de la vertu. (Jean-Baptiste Massillon, Pet. car. Triomph.)
Ce n'est pas ce que voulait madame Kaufmann : il lui fallait savourer la honte de sa rivale, la voir humiliée, perdue, insultée. (Fr. Soulié, les Forgerons, § II)
Mais pour braver Marcelle et m'affranchir de honte, Il est une autre voie et plus sûre et plus prompte. (Pierre Corneille, Théodore, III, 3)
Se plaindre est une honte et soupirer un crime. (Pierre Corneille, Hor., IV, 4)
Il y aurait de la honte à m'abandonner. (Fénelon, Les Aventures de Télémaque, XV)
La gloire d'une mort qui nous couvre de honte. (Pierre Corneille, Pomp., II, 2)
La honte est dans l'offense, et non pas dans l'excuse. (La Chaussée, Préjug. à la mode, V, 1)
Déjà de sa présence [de Phèdre] avec honte chassée,Dans la profonde mer ?none s'est lancée. (Jean Racine, ib., V, 5)
Tu vois mon sort, tu vois la honte où je me livre. (Voltaire, ib., V, 8)
Va, la honte serait de trahir ce que j'aime. (Voltaire, ib., IV, 3)
Il y a de la honte à se conduire ainsi.
J'ai déclaré ma honte aux yeux de mon vainqueur. (Jean Racine, Phèdre, III, 1)
Dans la nuit du tombeau j'enfermerai ma honte. (Jean Racine, Iphig., II, 1)
7. Sentiment pénible qu'excite dans l'âme la pensée ou la crainte du déshonneur; ou la conscience d'une faute commise et la confusion, le trouble qu'on en ressent.
La honte est une passion que la nature raisonnable excite en nous et qui nous détourne, sans que nous remarquions même ni comment ni pourquoi, de tous les excès et de toutes les impuretés du vice. (Louis Bourdaloue, Exhort. sur la flagellation de J. C.)
J'avais honte de rapporter les propos indécents qu'il avait tenu.
Il a honte de se montrer.
La honte se met entre la vertu et le péché pour empêcher qu'on ne la quitte ; puis entre le péché et la vertu pour empêcher qu'on ne la reprenne. (Jacques-Bénigne Bossuet, Pensées chr., VIII)
8. La honte est une émotion complexe résultant d'une non conformité à certaines exigences sociales (image de soi, caractéristiques physiques, maitrise de codes culturels...) ou d'une culpabilisation collective (grossophobie, sérophobie, mépris de classe...). Elle se distingue des autres émotions par sa dimension sociale, secrète, narcissique, corporelle et spirituelle. La honte a des aspects positifs et négatifs. Elle est parfois définie comme la version sociale de la culpabilité, et joue un rôle dans la phobie sociale.
9. Sentiment de profond malaise ou de dévalorisation personnelle suite à une action considérée comme dégradante ou humiliante.
La honte est une passion que la nature raisonnable excite en nous et qui nous due9tourne, sans que nous remarquions mueame ni comment ni pourquoi, de tous les excue8s et de toutes les impuretue9s du vice. - Louis Bourdaloue, Exhort. sur la flagellation de J. C.
10. uc9tat d'humiliation ou déshonneur public lié à un acte répréhensible.
Tu vois mon sort, tu vois la honte ouf9 je me livre. - Voltaire, ib.
11. u21cCe qui ne convient pas, ce qui est messéant.", exprimant un jugement négatif sur ce qui est jugé inapproprié ou indigne.
'' Et que c'est honte au roi de ne leur donner rien. '' - Mathurin Rue9gnier, Satires
12. (Dans le langage biblique) Partie du corps humain considérée comme intime et devant être couverte.
'' C'est pourquoi j'ai relevue9 vos vueatements sur votre visage, et on a vu votre honte. '' - Louis-Isaac Lemaistre de Sacy, Bible