1. (Grammaire) Figure de style qui consiste à employer un temps ou un mode pour un autre.
Le présent historique est un cas d'énallage grammaticale.
2. (Rhétorique) Figure de style qui consiste à employer un temps ou un mode pour un autre.
Ces quatre sources sont 1° le besoin ; 2° le pléonasme ; 3° la métathèse ; 4° l'énallage. Parmi les figures de pensées, au nombre de dix-huit, il [Phoebammon] en distingue deux nées du besoin : l'aposiopèse et l'épitrochasmos ; six nées du pléonasme : la prodiorthose, l'épidiorthose, la procatalepse, la paralipse, la diotypose, l'épimone ; six nées de la métathèse : la prosopopée, l'éthopée, la figure appelée ??????, parce qu'elle tient de l'une et de l'autre, l'interrogation appelée ????????, l'interrogation appelée ??????, et la prétérition ; quatre nées de l'énallage : l'ironie, la dubitation, l'allusion satirique, l'apostrophe. Parmi les figures de mots, il en reconnaît trois nées du besoin : l'asyndeton, la figure appelée ??? ??????, et l'ellipse ; onze nées du pléonasme : la tautologie, la répétition, l'épanophore, l'épanadose, l'épanalepse, la périphrase, l'épiphrase, la paranomase, l'épexégèse, l'épimone, l'épitase ; trois tirées de la métathèse : l'hyperbate, l'anastrophe, la prolepse ; une née de la cause, la proepitaxis ; et huit de l'énallage : le changement de genre, le changement de nombre, le changement de cas, le changement de forme, le changement de temps, le changement de personne, l'apostrophe de la personne, l'antistrophe.
(Étienne Gros, Étude sur l'état de la rhétorique chez les Grecs, Typographie de Firmin Didot Frères, Paris, 1835)
Le présent historique est un cas d'énallage grammaticale.
3. L' énallage (substantif féminin), du grec ????????, enallagê (« interversion, transposition »), du verbe enallassein (« échanger »), est une figure de style qui consiste à remplacer un temps, un mode, la nature d'un mot ou une personne par un autre temps, un autre mode, une autre nature ou une autre personne. Plus globalement, elle consiste à remplacer une forme grammaticale (un pronom, un nom, un temps verbal ou un aspect verbal) par une autre ; on l'appelle également la substitution. Il s'agit donc d'une ellipse particulière proche de l'hypallage et de la syllepse.
4. Énallage : Figure de rhétorique où un élément linguistique est remplacé par un autre, notamment en termes de temps, mode, nombre, genre ou catégorie grammaticale.
Les traités de rhétorique appellent énallage l'emploi d'un temps, d'un mode, d'un pronom, à la place de celui qui est ordinairement attendu, et qui normalement, pense-t-on, devrait être symétrique ou homologue au précédent.