1. Ensemble des gens qui mènent une vie de bohème.
C'est une maison de bohème, se dit d'une Maison où il n'y a ni ordre ni règle.
La bohème.
2. Artistique, errant, sans ressources.
Façons, manières bohèmes.
3. Celui, celle qui mène une vie vagabonde, déréglée, sans ressource assurée et ne se préoccupe pas du lendemain.
Le chevalier d'industrie, la fille de joie, le voleur, le brigand, et l'assassin, le joueur, le bohème sont immoraux, et le brave bourgeois éprouve à l'égard de ces « gens sans moeurs » la plus vive répulsion. (Max Stirner, cité dans Le Stirnérisme, Émile Armand, 1934)
Avant-guerre, du temps de sa généreuse et brillante jeunesse de bohème malchanceux, il bondissait avec légèreté vers la thune quotidienne. (Victor Méric, Les Compagnons de l'Escopette, Éditions de l'Épi, Paris, 1930, p. 10)
Et puis encore, Balzac avait mauvaise réputation. Il n'administrait pas son nom et son oeuvre en bon père de famille. Ce n'était même pas un bohème ? et l'on sait qu'un bohème est inacadémisable ?, c'était quelque chose de bien pis. (Octave Mirbeau La Mort de Balzac, 1907)
4. Variante orthographique de bohème.
Ainsi se développèrent en moi certains goûts assez ténébreux pour une bohême et une crapule des plus pittoresques et un noctambulisme que Jean de Tinan célébra? (Francis Carco raconté par lui-même, Éditions Sansot, Paris, 2e édition, 1921, p. 10)
Mais pour un homme comme M. Vinteuil il devait entrer bien plus de souffrance que pour un autre dans la résignation à une de ces situations qu'on croit à tort être l'apanage exclusif du monde de la bohême (Marcel Proust, Du côté de chez Swann, page 201.)
5. La bohème est une façon de vivre au jour le jour dans la pauvreté mais aussi dans l'insouciance. Elle correspond à un mouvement littéraire et artistique du XIXe siècle, en marge du mouvement romantique plus « aristocratique ». C'est à la fois un style de vie qui rejette la domination bourgeoise et sa rationalité dans le cadre de la société industrielle, et la recherche d'un idéal artistique. Si l'expression avait connu un certain déclin à partir des Trente Glorieuses et des années 1960, période de la normalisation technocratique de Paris, l'expression « bourgeois bohème », ou « bobo », lui donne un certain regain. Le concept s'appuie évidemment sur la métaphore des « peuples bohémiens » ou des tziganes, qui étaient associés, au XIXe siècle, au mouvement romantique.