La région est alors menacée : les Ottomans et les Vénitiens pressent le royaume au sud ; les rois Frédéric III de Habsbourg et Casimir IV de Pologne, qui contestent l'élection, menacent au nord et à l'ouest. Les mercenaires tchèques commandés par Giszkra qui tiennent les comtés de Moravie font régulièrement des incursions. Les alliés de Matthias ne sont parvenus à traiter avec les potentats locaux qu'en leur promettant que la fille du comte palatin Garai épouserait le souverain, mais Matthias refuse d'épouser quelqu'un de la famille des assassins de son propre frère : le 9 février, il respecte la promesse faite à Pod?brady, élu peu après roi de Bohême (2 mars 1458). Tout au long de l'année 1458, le combat fait rage avec les barons, rejoints par Szilágyi, le propre oncle et tuteur de Matthias qui vient d'être congédié. Mais le jeune souverain dépose le comte Garai puis lève un impôt de guerre sans l'autorisation de la diète, et ainsi met sur pied une armée de mercenaires. Mathias parvient à s'assurer l'indépendance et le pouvoir aux dépens des barons en s'appuyant sur leurs divisions, et en levant une grande armée de mercenaires, la fekete sereg (« cavaliers noirs de Hongrie »), dont l'âme est formée des vétérans hussites de Bohême. À l'origine corps de cavalerie légère créé en 1458 pour combattre les Turcs ottomans, ces « hussards » tirent leur nom du mot hongrois húsz (prononcer « houss ») qui signifie « vingt » : en effet, dans le royaume de Hongrie, dès le Moyen Âge, chaque village devait fournir au souverain des cavaliers montés équipés et armés au nombre de un pour vingt hommes valides, d'où le nom de « houzard » devenu par la suite « hussard ». Les hussards affrontent avec succès les spahis turcs lors des guerres contre les Ottomans. Le modèle sera copié dans d'autres armées, en premier lieu par les Polonais.