3. (Grammaire) Prendre, employer un mot absolument, c'est employer un mot seul, sans complément, quand il est plus habituel d'en donner un, ou qui est susceptible d'en avoir un.
Dans celle-ci : vivre dans l'abondance le mot abondance est employé absolument pour dire l'abondance des choses nécessaires et agréables à la vie.
Dans cette phrase : espérer, c'est jouir, les verbes espérer et jouir sont pris absolument.
Tel verbe se prend, s'emploie quelquefois absolument.
Dans la phrase : cet arbre ne produit pas, produire est pris absolument.
6. D'une manière absolue ; complètement ; tout à fait.
La nécessité de la restitution est un principe universellement reçu, nul ne l'ignore ; mais la pratique de la restitution est une chose presque absolument inconnue.
(Louis Bourdaloue, Pensées, t. III, p. 150.)
Le Danemark, avec le souci le plus louable de la santé physique et morale de ses sujets, interdit absolument l'importation de l'alcool au Groenland ; [?].
(Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
Dites absolument que je ne suis qu'un sot.
(Molière, l'Étourdi, II, 1.)
On lit ce livre absolument comme au bord de la cascade on entendrait, rêveur, le gazouillement des eaux.
(Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3e éd., Hachette & Paulin, 1845, p.133)
Son trésor est vide. Son armée, mal recrutée, mal équipée, mal disciplinée, absolument démoralisée par ses défaites récentes, est réduite à fort peu de chose par les licenciements forcés et les désertions.
(Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 15)
L'industrie moderne, après de nombreuses tentatives, est parvenue à obtenir des aciers dits antirouilles, absolument inoxydables.
(Maurice Lecerf, Le Fer dans le monde, Payot, 1942)
On n'y voyait absolument aucun arbre [?] Dont on avait perdu la mémoire, tant elle était absolument passée.
(Blaise Pascal, Provençal 3.)
À ce point de vue le peuplement d'une partie de l'Amérique par les Malayo-Polynésiens est démontré par des preuves anthropologiques, ethnologiques et surtout linguistiques absolument indéniables.
(René Thévenin & Paul Coze, Moeurs et Histoire des Indiens Peaux-Rouges, Payot, 1929, 2e éd., p.16)