1. Réflexions générales qu'on développe à l'occasion de sujets particuliers.
Cette ville n'était guère connue que par les allusions des poètes arabes, à propos du musc qu'on tire de son territoire, et qui joue un si grand rôle dans les lieux communs érotiques de ces poètes.
(Jean-Jacques Ampère, La Chine et les travaux d'Abel Rémusat, Revue des Deux Mondes, 1832, tome 8)
2. Source générale communément admise d'où un orateur peut tirer ses arguments.
Aristote a traité des lieux communs.
3. (Plus courant) Idée usée, rebattue.
« Luc bon écrivain » est un des lieux communs de l'exégèse... Or, son grec est en fait aussi sémite que celui des autres évangélistes, et donc aussi nullâtre que le leur eu égard aux canons d'un hellénisme même modérément tatillon; seul le prologue a l'air grec-de-source : et c'est bien ce qui le fait jurer avec le reste de l'ouvrage; tout ce reste est, quant à son socle et gloses de traducteurs mises à part, hébreu.
(Bernard Dubourg, L'invention de Jésus, tome I, « L'hébreu du Nouveau Testament », Paris, Éditions Gallimard, 1987, p. 139)
C'est un des lieux communs de la critique moderne que de nier le caractère donjuanesque du personnage de Casanova.
(Denis de Rougemont, Comme toi-même : Essais sur les Mythes de l'Amour, Albin Michel, 1961, note n°1, p.114)
Consterné par la pénurie de ces désolantes rengaines, Durtal se jetait dans les monographies moins connues des Bienheureuses ; mais là encore, quelle barigoule de lieux communs, quelle colle d'onction, quelle bouillie de style !
(Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
Cette improvisation composée des lieux communs modernes, mais revêtus d'expressions sonores, de mots nouveaux, [?] produisit une profonde impression sur le notaire, [?].
(Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
4. Un lieu commun, du latin locus (« lieu », loci au pluriel) et communes (« communs »), est en rhétorique une figure de style fondée sur l'emploi de situations communes ou d'assertions consensuelles. On parle de manière synonymique de topos (topoi au pluriel) en référence au mot grec signifiant le « lieu ». Le sens commun recouvre sous l'expression lieu commun l'usage d'idées reçues, qui sont la marque d'une absence totale d'originalité de la pensée, et permettent à celui qui les professe de se dispenser de tout effort de pensée. En ce sens on parle également de poncif, de cliché, de platitude ou de banalités.
5. Un lieu commun est en rhétorique un lieu, c'est-à-dire un type d'argument, un schéma que l'on peut adapter à de nombreuses situations, que l'on dit commun à cause du vaste domaine où il s'applique, ou parce qu'il appartient aux moyens communs, usuels, de défendre une opinion. Ce schéma, comme l'enthymème, repose sur des jugements de valeur communs à l'auditoire.
6. Dans le langage courant, « lieu commun » est une expression péjorative, qui disqualifie un discours en affirmant qu'il n'est fait que d'idées reçues, qu'il montre l'absence d'originalité de la pensée et surtout d'invention rhétorique. En ce sens, « lieu commun » se remplace aisément, faute de métaphore nouvelle, par les termes poncif ou cliché . Dans un sens encore plus vague, on parle de platitude , de banalité , de truisme ou de lapalissade , .
7. Un lieu commun est en rhétorique un lieu, c'est-à-dire un type d'argument, un schéma que l'on peut adapter à de nombreuses situations, que l'on dit commun à cause du vaste domaine où il s'applique, ou parce qu'il appartient aux moyens communs, usuels, de défendre une opinion . Ce schéma, comme l'enthymème, repose sur des jugements de valeur communs à l'auditoire .