1. (Aujourd'hui) Caractère banal d'une pensée, d'un écrit.
Le grand nombre, et même composé des éléments les meilleurs, n'applaudit jamais à ce qu'il y a de neuf, de virtuel, de déconcerté et de déconcertant, dans une oeuvre; mais seulement à ce qu'il y peut déjà reconnaître, c'est-à-dire la banalité.
(André Gide, Retour de l'U.R.S.S. 1936)
2. (Féodalité) Fiscalité médiévale.
L'impôt se percevait sous toutes les formes. Il y avait [?] le droit de banalité, contraignant les roturiers à recourir au pressoir, au four, au moulin seigneurial, et empêchant ceux-ci de construire des moulins, des fours et des pressoirs.
(Alfred Barbou, Les Trois Républiques françaises, A. Duquesne, 1879)
3. Pensée ou écrit qui a ce caractère.
Il dit tout avec un sourire, ce qui lui permet de faire entendre ses erreurs pour volontaires et ses banalités pour fines.
(Pierre Louÿs, Aphrodite, Mercure de France, Paris, 1896)
Les hors-d'oeuvre disparaissaient avec les banalités d'une conversation qui attend le dessert pour se dessiner.
(Pierre Audibert, Les Comédies de la Guerre, 1928, p.88)
Tout comme il y avait des banalités bourgeoises, il y a des banalités révolutionnaires; il importe de s'en convaincre.
(André Gide, Retour de l'U.R.S.S. 1936)
4. Dans le langage courant, « lieu commun » est une expression péjorative, qui disqualifie un discours en affirmant qu'il n'est fait que d'idées reçues, qu'il montre l'absence d'originalité de la pensée et surtout d'invention rhétorique. En ce sens, « lieu commun » se remplace aisément, faute de métaphore nouvelle, par les termes poncif ou cliché. Dans un sens encore plus vague, on parle de platitude, de banalité, de truisme ou de lapalissade,.
5. Au Moyen Âge, le ban (latin bannus ou bannum, allemand Bann) ou banalité est à l'origine le pouvoir de commander les hommes à la guerre avant de désigner l'autorité générale d'ordonner et de punir. En tant que tel, il est à la base de la levée des armées et de l'exercice de la justice. Le mot est d'origine germanique et apparaît pour la première fois dans des codes de lois du Ve siècle. Sous les Francs, il s'agit d'une prérogative royale et d'un pouvoir public mais elle peut être déléguée et, à partir du Xe siècle, elle est fréquemment usurpée par la petite noblesse. Le ban châtelain devient le pouvoir des seigneurs laïques de contraindre, commander et punir, avec une extension dans le domaine économique (les sujets peuvent être contraint d'utiliser, moyennant redevance, des moulins, presses, fours etc. communs mis à disposition par le seigneur) ; il finit par être assimiler aux droits seigneuriaux.
6. (Histoire, Féodalité) Droit imposé par le seigneur obligeant les paysans à utiliser ses installations (moulin, four...) contre paiement.
L'impôt se percevait sous toutes les formes. Il y avait [...] le droit de banalité, contraignant les roturiers à recourir au pressoir, au four, au moulin seigneurial, et empêchant ceux-ci de construire des moulins, des fours et des pressoirs.
7. (Littérature) Qualité de ce qui est dépourvu d'originalité ou d'intérêt; trivialité.
Le grand nombre, et même composé des éléments les meilleurs, n'applaudit jamais à ce qu'il y a de neuf, de virtuel, de déconcerté et de déconcertant; mais seulement à ce qu'il y peut déjà reconnaître: c'est-à-dire la banalité.
8. (Par extension) Expression ou idée manquant d'originalité; cliché.
Il dit tout avec un sourire; ce qui lui permet de faire entendre ses erreurs pour volontaires et ses banalités pour fines.