1. (Grammaire) Adjonction, sous-entendu.
Le zeugma est composé si le mot sous-entendu n'est pas absolument celui qu'on a déjà vu, par exemple : « Vous régnez ; Londre est libre et vos lois florissantes » où est fait sous-entendre sont après lois.
(Voltaire, Henriade)
Le zeugma est simple quand le mot sous-entendu est exactement celui qui a été exprimé, par exemple : « L'Océan était vide et la plage déserte. » où était est sous-entendu dans le second membre de la phrase.
(Musset)
Le zeugme a lieu quand un mot, déjà exprimé dans une proposition, est sous-entendu dans une autre proposition analogue à la première et attachée à celle-ci.
2. Figure de style consistant à lier par la syntaxe deux mots ou groupes de mots, de sens et d'emplois différents, autour d'un unique verbe polysémique associé séparément à chacun de ces mots ou chacune de ces locutions.
« Il posa son chapeau, puis la question : voudriez vous me donner l'heure et un timbre ? » est une phrase en double zeugma.
« Foules d'un pied léger et d'un regard serein. »
(Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et Idéal - XXXIX)
« Pourriez-vous me donner l'heure et un timbre ? »
« Il n'est pas très prudent d'avoir des dieux et des légumes trop dorés. »
(Jean Giraudoux, La Guerre de Troie n'aura pas lieu)
Soit la phrase suivante, de Matzneff : « Elle [Danièle] est pulpeuse, sensuelle, protestante. » Par rapport au thème Danièle, représenté par le mot Elle dans la phrase, les deux premiers qualifiants, pulpeuse et sensuelle, sont parfaitement homogènes. En revanche, leur est immédiatement coordonné, par une juxtaposition absolument contiguë, un troisième qualifiant, protestante, qui appartient à un tout autre registre de signification que les deux précédents. C'est en cela que consiste le zeugma.
(G. Molinié, Dictionnaire de rhétorique, Paris, Le Livre de poche, 1992)
« Vêtu de probité candide et de lin blanc. »
(Victor Hugo, Booz endormi)
« Il posa son chapeau et une question. »
3. Le zeugma (du grec ancien ?????? / zeûgma, « joug, lien »), zeugme, ou encore attelage, est une figure de style qui consiste à faire dépendre d'un même mot deux termes disparates qui entretiennent avec lui des rapports différents, en sous-entendant un adjectif ou un verbe déjà exprimé. Il s'agit donc d'une forme d'ellipse. On distingue le zeugma syntaxique, quand le terme non répété est utilisé dans le même sens que déjà exprimé et du zeugma sémantique, où le terme occulté est utilisé dans un sens différent de celui déjà exprimé. Cette dernière figure, appelée également attelage, associe le plus souvent deux compléments d'objet, l'un de sens concret et l'autre de sens abstrait, pour un effet humoristique voire ironique. Il est proche de la syllepse de sens, de l'hendiadys, de la concaténation ou encore de l'anacoluthe.
4. (Grammaire) Figure de style où un mot, souvent un verbe, est utilisé avec plusieurs compléments qui ne sont pas habituellement associés ensemble, créant ainsi un effet surprenant par la juxtaposition d'idées ou de concepts dissemblables.
Soit la phrase suivante, de Matzneff - (Mes amours décomposés) : « Elle [Danièle] est pulpeuse, sensuelle, protestante. » Par rapport au thème Danièle, représenté par le mot Elle dans la phrase, les deux premiers qualifiants, pulpeuse et sensuelle, sont parfaitement homogènes. En revanche, leur est immédiatement coordonné, par une juxtaposition absolument contiguë, un troisième qualifiant protestante qui appartient à un tout autre registre de signification que les deux précédents. C'est en cela que consiste le zeugma.