1. Se munir, se pourvoir de quelque chose par précaution.
(Figuré) Nanti de cette assurance, je n'ai pas hésité à faire ce qu'on me demandait.
Je me suis nanti d'un bon manteau contre la pluie, d'un bon déjeuner avant de partir.
Dans ce cas, tu n'objecteras pas à me nantir d'un peu plus que ta parole ?
(Glen Cook, Le Château noir, 1984)
2. Munir d'un nantissement, donner des gages pour assurance d'une dette.
Il ne perdra rien dans cette affaire, il s'était nanti de gages sûrs, il s'était nanti.
Il ne veut rien prêter s'il n'est nanti.
Cet homme ne prête point si on ne le nantit auparavant.
3. (Droit) Saisir comme ayant-droit, s'emparer par précaution, sauf à rapporter.
4. (Absolument) Faire des profits dans un emploi, dans une place, et les mettre en réserve.
Mais la vie des bourgeois consiste depuis si longtemps à se nantir mutuellement de choses chères et futiles qu'ils en ont oublié celles qui ne coûtent rien, et ils confondent le cher et l'essentiel. C'est la plus grande des folies.
(Antal Szerb, Le voyageur et le clair de Lune, 1937, page 210, édition Viviane Hamy, traduction par Charles Zaremba et Natalia Zaremba-Huszvai)
Un politicien nanti.
Un homme nanti, bien nanti, Un homme qui s'est amassé une fortune, créé une situation avantageuse.
5. Constituer une garantie par un nantissement ou des gages pour assurer le paiement d'une dette.
6. (Droit) Procéder à la saisie en tant que détenteur légitime, avec possibilité de justification ultérieure.
7. S'équiper ou se procurer préventivement quelque chose.
Dans ce cas, tu n'objecteras pas à me nantir d'un peu plus que ta parole ?
8. (Figuré) Accumuler des bénéfices dans une activité ou fonction et les économiser.
Mais la vie des bourgeois consiste depuis si longtemps à se nantir mutuellement de choses chères et futiles qu'ils en ont oublié celles qui ne coûtent rien, et ils confondent le cher et l'essentiel. C'est la plus grande des folies.