1. Dans les locutions conjonctives ce que, ce qui, ce dont, ce sur quoi, il sert à représenter une idée ou une action dont il a été question plus tôt.
Le temps, c'est ce sur quoi il va falloir compter maintenant.
C'est exactement ce dont j'avais besoin.
Ce que je voulais dire, c'est que tu dois t'en occuper au plus vite.
Les hirondelles s'envolent, ce qui montre que l'hiver n'est pas loin.
2. Dans les expressions où ce est utilisé avec un nom indiquant une période, le -ci représente le présent, alors que le -là représente le passé (la distance devient temporelle).
? Je suis passé vers dix heures hier soir.
Durant ces années-là, je voyageais en Europe.
Qu'est-ce que tu fais encore debout à cette heure-ci ?
Cette semaine-ci, je ne pourrai pas venir.
Ces jours-ci, on ne le voit pas beaucoup.
3. (C'est ? qui ?) Introduit une nouvelle information sans relation thème-rhème.
? Qu'est-ce qui se passe ?
4. (C'est ? ; c'est ? qui ? ; c'est ? que ?) Introduit un focus, la nouvelle information la plus importante.
Ce n'est point à la liberté politique que je veux renoncer ; c'est la liberté civile que je réclame, avec d'autres formes de liberté politique.
(Benjamin Constant, De la liberté des Anciens comparée à celle des Modernes, 1819)
Oui, c'est moi qui reçois cette lettre pressée, et c'est moi qui ris de toute mon âme de la ridicule frayeur qu'elle nous peint.
(Donatien Alphonse François de Sade, Aline et Valcour, Lettre XII, 1795)
5. On l'utilise également pour reprendre l'objet ou la personne décrit dans la phrase précédente.
Je cherche depuis tout à l'heure un marteau. J'ai vraiment besoin de cet outil.
La semaine dernière, j'ai lu L'Histoire sans fin de Michael Ende. Je ne connaissais pas ce livre.
6. Lorsqu'on veut mettre en évidence un objet ou une personne en rapport avec un(e) autre, on utilise les adverbes -ci et -là après chaque nom (bien que l'usage tende à utiliser les pronoms celui-là, celle-là, ceux-là ou celles-là cela pour éviter la répétition).
Plutôt que d'acheter cette voiture-ci, je préférerais prendre celle-là.
Je ne veux pas prendre ce chemin-ci, mais ce chemin-là.
7. Introduit une définition ou une redéfinition du mot précédent.
La patrie, pour elle, c'est la France. L'étranger, pour elle, c'est l'Allemagne.
(Fustel de Coulanges, L'Alsace est-elle allemande ou française : réponse à M. Mommsen, 1870)
La Révolution, c'est la France sublimée.
(Victor Hugo, William Shakespeare, Troisième partie, Livre II, 1864)
Le temps, c'est de l'argent.
8. Utilisé en tant que pronom démonstratif neutre et impersonnel, notamment avec des verbes comme être, devoir ou pouvoir, référant à la situation actuelle, à la phrase précédente ou à n'importe quelle chose qui n'est pas encore exprimée.
Ce serait le comble qu'il ne vienne pas !
Ç'avait été plus intéressant qu'on ne l'avait imaginé.
Profites-en ! Ce pourrait être ton dernier jour ici.
C'est mon anniversaire aujourd'hui.
Sur ce, au revoir !
Ça sonne ! Ce doit être lui !
Dépêche-toi, sinon, ce sera trop tard !
9. Déterminant utilisé pour mettre en évidence une chose ou une personne dont on a la représentation devant soi. Lorsque l'objet est en nombre multiple ou lorsqu'on veut appuyer encore plus sur ce qu'on veut montrer, on rajoute -ci ou -là (selon la distance) après le nom.
Cette femme est mère de trois enfants.
Ces livres sont intéressants.
Ce chien est adorable. (sous-entendu : il n'y qu'un seul chien)
Je vais prendre ce chemin.
Je me suis adressé à cet homme.
Il est impossible de sortir par ce temps-là.
Ce chien-ci est adorable. (sous-entendu : le chien dont on vient de parler, ou le plus proche)
Ce chien-là est adorable. (sous-entendu : l'autre chien, le plus éloigné)
10. (Vieilli) Abréviation de case.
Par un usage général fort ancien, on a toléré certaines abréviations comme n'étant pas nuisibles, telles que celles de Mr ou sr pour Monsieur ou sieur ; Me pour maître ; Mme ou De pour Madame ou dame ; MM. pour Messieurs ; fol., ro, vo, ce, vol., no pour folio, recto, verso, case, volume, numéro ; led., lad., lesd. pour ledit, ladite et lesdits ou lesdites.
(L. Vélain, Cours élémentaire du notariat français, Auguste Durand, Libraire, Paris, 1851)