1. (Linguistique) Mot ou forme incorrect, ou dont le sens est altéré, dévié. ? voir impropriété et solécisme
Il y a (dit Voltaire sur un vers du Cid) un dictionnaire d'orthographe où il est dit qu'« invaincu » est un barbarisme. Non ; c'est un terme hasardé et nécessaire. Il y a deux sortes de barbarisme, celui des mots et celui des phrases. Égaliser les fortunes pour égaler ; éduquer, pour donner de l'éducation, voilà des barbarismes de mots.
(François Génin, Récréations philologiques, 1856)
Par un barbarisme de la basse latinité, on a dit essere au lieu de esse, pour se conformer à la terminaison ordinaire des infinitifs latins; essere ensuite a été contracté en ser; et le futur est composé de cet infinitif et du présent du verbe auxiliaire: ser-ai, ser-as, ser-a.
(August Wilhelm von Schlegel, Essais littéraires et historiques, 1842)
Un barbarisme heureux reste dans une langue sans la défigurer ; des solécismes ne s'y établissent jamais sans la détruire.
(Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe, 1848)
2. (Par extension) Faute contre la règle ou le bon goût.
3. (Par confusion avec barbarie) Acte qui relève de la barbarie.
[?] l'achèvement d'un blessé étant un acte de barbarisme odieux, contraire aux lois de l'honneur [?]
(Jurisprudence française, 1807 à 1952. Période 1807-1926, page 730, André Bruzin, Jean Nectoux, 1954)
Ce qui n'excuse nullement, loin de là, le barbarisme des soi-disant insurgés Irakiens.
(Blogue, Un appel à la vérité sur 11 septembre, 2005)
Le successeur de Jean-Paul II condamne fermement le terrorisme islamiste, ce ''nouveau barbarisme'', et exhorte les représentants de l'Islam à prendre conscience de la ''grande responsabilité'' qu'ils portent envers les jeunes générations.
(Blogue, Benoît XVI contre le ''nouveau ''barbarisme'', 2005)
Les bébés congelés, ce n'est pas du barbarisme, c'est du désespoir.
(Blogue, Acte de barbarisme au 21ème siècle ?, 2007)
4. Un barbarisme est une faute de langue qui enfreint les règles de la morphologie (la forme n'existe pas), non celles de la syntaxe (c'est alors un solécisme : la forme existe). Il consiste à importer dans une langue donnée des formes qui sont usuelles dans une langue étrangère (si tel n'est pas le cas, on pourra parler de cacographie, ou d'hypercorrection).
5. (Linguistique) Emploi d'un mot ou d'une forme linguistique jugé incorrect, soit par altération de son sens originel, soit par non-respect des normes grammaticales.
Il y a (dit Voltaire sur un vers du Cid) un dictionnaire d'orthographe où il est dit qu'« invaincu » est un barbarisme. Non ; c'est un terme hasardé et nécessaire. Il y a deux sortes de barbarisme, celui des mots et celui des phrases. Égaliser les fortunes pour égaler ; éduquer, pour donner de l'éducation, voilà des barbarismes de mots.
6. (Par confusion avec 'barbarie') Comportement ou acte considéré comme cruel ou inhumain.
Je ne supporte plus ce que l'Homme me force à faire. Sa haine, sa violence, son barbarisme, je n'en suis pas responsable.