1. Arranger les cheveux de telle ou telle façon, peigner.
(Absolument) Ce perruquier coiffe bien.
Les termes mêmes par quoi l'on exprime les choses de la toilette prenaient sur leurs lèvres [aux vieilles filles] un tour qui marquait la basse idée qu'elles s'en faisaient : elles disait « se débarbouiller » pour « se laver », « se démêler les cheveux » pour « se coiffer ». (Maurice Bedel, Mémoire sans malice sur les dames d'aujourd'hui, 1935)
Se coiffer à la mode.
Ce valet de chambre était occupé à coiffer son maître.
Elle se fit coiffer par sa femme de chambre.
2. (Jeu d'échecs) Attacher un signe à un pion, et qui, d'après les règles du jeu, a un emploi particulier.
3. (Figuré) (Populaire) Mettre des cornes, cocufier.
Cette femme coiffe son mari.
4. (Marine) Se faire frapper par le vent sur l'avant des voiles, lors d'une manoeuvre ou d'un changement de vent subit, en parlant d'un navire.
Il fit une fausse manoeuvre et le vaisseau coiffa.
5. Seoir, en parlant des ornements de tête.
Ce chapeau, ce bonnet vous coiffe bien. ; (Absolument) Ces chapeaux coiffent bien.
6. Mettre une enveloppe par-dessus le bouchon d'une bouteille pour empêcher que le liquide qu'elle contient ne s'évente.
7. (Figuré) (Familier) S'engouer, s'entêter de quelqu'un ou de quelque chose.
Se coiffer d'une opinion.
Elle s'est coiffée de lui.
Il s'est allé coiffer de cette femme.
8. Être à la tête, diriger, commander.
Dès 1941, la France libre avait envoyé dans l'île le capitaine Scamaroni avec mission de préparer l'action. Pendant deux ans, Scamaroni avait fait d'excellent travail, réussissant à coiffer tous les éléments de résistance, afin qu'aucun parti, aucun clan, ne pût monopoliser à son profit l'effort de tous. (De Gaulle, Mémoires de guerre, 1956)
9. (Figuré) Recouvrir un sommet.
?les volutes de brume qui coiffaient les volcans furent alors éclairées en rouge, donnant à l'ensemble de l'île l'aspect d'une formidable éruption générale. (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
10. (Chasse) Prendre un gibier par les oreilles, en parlant des chiens.
Les chiens ont coiffé le sanglier.
11. Fournir des coiffures.
[?] ; aussi les dandies de l'endroit se font-ils habiller par les tailleurs et coiffer par les chapeliers de Copenhague. (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, p.50)
12. Couvrir la tête.
Il le coiffa d'un seau d'eau.
(Par analogie) Le sculpteur a coiffé d'un casque cette statue de femme.
Il me jeta un manteau sur les épaules et me coiffa d'un grand chapeau.
[?] : puis il [?] se coiffa d'un toquet de velours noir sans plume ni pierreries, s'enveloppa d'un manteau de couleur sombre, [?]. (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, vol. I, ch. II)
13. (Sport) Être en tête. Battre un adversaire d'une courte tête.
Guillez, lui, se contenta de coiffer sur le poteau l'immense Jarvinen. (L'Auto, 27 août 1933)
Coiffer au poteau, coiffer le poteau, juste sur la ligne d'arrivée (? voir poteau), battre son rival au dernier moment.