1. Accorder le pardon d'une faute commise, ne garder aucun ressentiment d'une injure reçue. ? Note d'usage : En ce sens il a toujours le nom de la chose pour complément direct et le nom de la personne pour complément indirect avec la préposition.
Je vous pardonne pour cette fois, mais n'y revenez plus.
Je lui pardonne de bon coeur tout le mal qu'il m'a fait.
Pardonnez à ceux qui vous ont offensé !
2. Il régit quelquefois les choses avec la préposition.
Je pardonne cela à l'état où vous êtes.
Pardonnez à ma franchise, à mon amitié les reproches que je vous fais.
à, comme si elles étaient personnifiées.
3. Il s'emploie souvent comme un terme de civilité.
Pardonnez- moi, vous me pardonnerez, pour exprimer avec politesse qu'on n'est pas d'accord de ce qu'un autre dit.
Vous me pardonnerez de vous dire que l'affaire ne se passa pas de la sorte. Dans cette acception, on dit quelquefois simplement, et sans rien ajouter,
Pardonnez-moi la liberté que je prends.
Pardonnez si je vous contredis.
Pardonnez-moi, ou simplement
4. Excuser, supporter, tolérer.
Dans l'amitié, dans le commerce de la vie, il faut se pardonner mutuellement beaucoup de choses.
Je ne me pardonne pas de m'être fié à ce malhonnête homme.
Je ne me pardonnerai jamais la faute que j'ai commise, la sottise que j'ai faite.
Pardonnez mes craintes, mes soupçons, mon oubli.
C'est une insolence qui ne peut se pardonner.
5. Voir sans chagrin, sans dépit, sans jalousie.
Cette femme a bien de la peine à pardonner aux autres leur beauté.
On lui pardonne ses succès à cause de sa modestie.
[?] ; elle lui pardonna une légèreté d'esprit, dont, après tout, elle n'avait jamais souffert : quand les défauts des autres ne nous nuisent pas, il est rare qu'ils nous choquent beaucoup.
(Marie-Jeanne Riccoboni, Histoire d'Ernestine, 1762, édition ?uvres complètes de Mme Riccoboni, tome I, Foucault, 1818)
6. (Intransitif) Faire grâce.
Cet écolier avait mérité une punition, son maître lui a pardonné.
Le roi lui pardonna.
7. Excepter, épargner. ? Note d'usage : En ce sens, il ne s'emploie guère qu'avec la particule négative.
Cette maladie ne pardonne point, on y succombe tôt ou tard.
Le temps ne pardonne à aucune chose.
La mort ne pardonne à personne.
La phalloïde ne pardonne pas, la panthère non plus. Pour la fausse oronge, elle est toxique ; elle tue les mouches, dit-on ; pourtant dans les pays du nord, les gens en usent pour donner de beaux rêves.
(Jean Rogissart, Passantes d'Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
On dit encore que, profondément atteint, sous la rongeure d'un mal qui ne pardonne pas, Abd-ul-Hamid est préoccupé de sa succession.
(Victor Bérard, Le sultan, l'islam et les puissances, page 62, Armand Colin, 1907)
8. Accorder son pardon pour une faute, sans conserver de ressentiment pour une offense subie. Ce terme exige un complément direct désignant la faute et un complément indirect introduit par la préposition 'à' pour désigner la personne.
Je vous pardonne pour cette fois, mais n'y revenez plus.
9. Tolérer ou excuser une action ou un comportement.
10. Ne pas éprouver de chagrin, de dépit ou de jalousie face à certains agissements d'autrui.
Elle lui pardonna une légèreté d'esprit, dont, après tout, elle n'avait jamais souffert : quand les défauts des autres ne nous nuisent pas, il est rare qu'ils nous choquent beaucoup.
11. Omettre dans son jugement ou ses actions par clémence.
On dit encore que, profondément atteint, sous la rongeure d'un mal qui ne pardonne pas, Abd-ul-Hamid est préoccupé de sa succession.