1. Figure de rhétorique consistant à employer une idée, une expression adoucie pour évoquer quelque chose de triste ou de désagréable.
Elle nous a quittés = elle est morte. Une longue maladie = un cancer. Il est malentendant = il est sourd. Il est diminué = il est lourdement handicapé. Il est un peu enveloppé = il est gras comme un moine. C'est une personne à mobilité réduite = un handicapé...Il est non-voyant = il est aveugle. Il est un peu malcomprenant = il est con comme une valise...etc.
2. Adoucissement, atténuation d'idées désagréables, tristes, ou brutales en les exprimant de façon plus douce, plus indulgente, plus décente.
Au qualificatif un peu cru de « trav », ils cherchent à substituer un euphémisme qui leur paraisse plus aimable et parlent d'éonisme. À cause du chevalier d'Éon.
(Pauline Pascal, Traveland : la dame et le travesti : témoignage, 1997, p.113)
Très à son aise, en bras de chemise, Peloteux flirtait avec une jeune bergère dont le troupeau paissait non loin de là, inconscient des turpitudes de sa maîtresse.Quand je dis que Peloteux flirtait, je prie le lecteur de ne voir dans ce terme qu'un euphémisme dû à mon extrême réserve, car si le prince de Galles flirtait de la sorte avec lady Namitt dans les salons de Windsor, je vois d'ici la tête de l'impératrice des Indes.
(Alphonse Allais, « L'École des tambours », Vive la vie !, in ?uvres anthumes, Robert Laffont, « Bouquins », 1989, p. 153)
« Parbleu », « mettre au secret » ou « l'exécuteur des hautes oeuvres » sont des euphémismes pour éviter de dire « par Dieu », « mettre en prison » ou « le bourreau ».