1. Privé de l'ouïe et ne perçoit pas correctement les sons. [Dictionnaire médical de l'Académie de Médecine]
2. (Arts) Qualifie les tons qui manquent d'éclat.
3. Dont l'acuité auditive est diminuée de façon importante ou totale, en parlant d'une personne ou d'un animal.
Cette maladie l'a rendu sourd d'une oreille. Il est complètement sourd.
Il est devenu sourd. Ma cousine n'entend pas, elle est sourde.
4. (Linguistique) Se dit d'un son du langage qui ne fait pas vibrer les cordes vocales.
En français oral, Les consonnes sourdes sont Modèle:, Modèle:, Modèle:, Modèle: Modèle: Modèle:. Les autres sont dites sonores.
5. Qui est peu sonore, qui rend un son étouffé.
Bientôt tes appels ne seront plus que rauquements de plus en plus sourds, beuglements de désespoir si fatigués qu'ils ne dépasseront plus ta gorge, étranglée de terreur [?] (Jean Rogissart, Passantes d'Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
Pendant que les lames attaquaient mon vaillant navire et que leurs coups sourds faisaient résonner la coque qui vibrait et se plaignait sous les chocs, je restai allongé sur ma couchette [?] (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil, tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
[?] et, à cet instant précis, le halètement sourd d'une locomotive et son cri rauque montant dans un jet de vapeur, m'emplirent d'un tel tumulte de sensations heurtées qu'eussé-je vu l'océan surgir et balayer de contraste le hideux mur de l'hôpital Lariboisière, ma stupéfaction n'aurait pas été plus profonde. (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)
La pénombre le dissimulait, la rumeur sourde des vaches qui ruminaient dominait le bruit de sa respiration précipitée [?] (Louis Pergaud, « La Vengeance du père Jourgeot », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
6. (Figuré) Qui ne tient pas compte de ce qu'on lui dit, qui refuse de comprendre.
[?] il y a le nageur intrépide qui, sourd aux appels du maître baigneur, dépasse les limites du bain surveillé, gagne la pleine mer et est emporté par une lame de fond. (Franc-Nohain [Maurice Étienne Legrand], Guide du bon sens, Éditions des Portiques, 1932)
7. (Figuré) Qui est peu sensible, qui se perçoit peu.
Lorsqu'au bout de quelques semaines Elhamy la remercia, avec une cordialité souriante, du bien qu'elle avait fait à son fils, une émotion sourde étreignit sa gorge. (Out-el-Kouloub, « Zaheira », dans Trois contes de l'Amour et de la Mort, 1940)
Une colère sourde et terrible, qu'il tentait vainement de refréner, l'envahit et le domina. (Louis Pergaud, « La Vengeance du père Jourgeot », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
Et, peu à peu, de la douceur primordiale, un peu timide et avide de tendresse de son caractère, montaient une sourde irritation, une rancoeur et une révolte. (Isabelle Eberhardt, Le Major, 1903)
8. (Linguistique) Se dit d'un son du langage qui ne fait pas vibrer les cordes vocales.
En français oral, les consonnes sourdes sont \p\, \t\, \k\, \f\ \s\ \?\. Les autres sont dites sonores.
9. Personne sourde.
Autrefois on venait en pèlerinage chercher certaine huile bénite qu'on y distribuait et qui avait, disait-on, le privilège de rendre l'ouïe aux sourds. (Gustave Fraipont, Les Vosges, 1895, éd. 1923)
10. (Figuré) (Péjoratif) Se dit de certaines choses qui se font secrètement, sans bruit, sans éclat.
Or, cette année-là, comme les élections étaient fixées au 1er mai, il y eut dès le 1er avril, une propagande active et des menées sourdes de part et d'autre pour conquérir les douteux. (Louis Pergaud, « Deux Électeurs sérieux », dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)