1. (Littéraire) Qui rend d'humeur à parler peu, qui rend silencieux.
En entrant au bureau lundi matin, Daniel ressent déjà l'ambiance taciturne, créée autant par leur défaite [...] que par le licenciement de Wilson. (Patrick Senécal, Hell.com, Éditions Alire, Québec, 2009, p. 285.)
La lune céleste, laquelle? rassemble ses rays argentines pour en enrichir la nuit taciturne. (J. Lemaire, cité dans Revue de L'instruction publique, 30 mars 1865, page 827)
Pourquoi cette douleur si taciturne ? (Le Tourneur, Traduction de Clarisse Harlowe)
2. Qui est de tempérament, d'humeur à parler peu.
Le fils aîné de Mariette est à la guerre. Avec elle est restée sa bru, la frêle, taciturne et héroïque Anne-Marie, [?]. (Léon Trotski, Le Drame du prolétariat français, 1922, annexe à l'édition de 1964 de Littérature et Révolution (les Lettres Nouvelles, éditeur))
[?] ; lorsque le hasard les forçait de se trouver ensemble, il devenait taciturne, maussade, ne répondait qu'avec difficulté aux questions qu'elle lui adressait et avec cette maladresse habituelle aux amoureux peu aguerris, il saisissait le premier prétexte venu pour la quitter. (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l'Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
Le vieux matelot, assez taciturne de sa nature, la barre engagée sous le bras, se tenait silencieux à l'arrière de l'embarcation. (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
Elle ne comprenait rien au caractère de son mari ; mais, de doux et bienveillant qu'elle l'avait toujours connu, il était devenu défiant et taciturne. (Alexandre Dumas, Othon l'archer, 1839)
3. (Littéraire) Qui a le caractère du silence, qui ne laisse rien exprimer.
Les villages où nous passâmes sont tristes, sombres, humides, misérables et taciturnes. (Gustave Flaubert et Maxime Du Camp, Par les champs et les grèves (Voyage en Bretagne), 1886, Le Livre de poche, page 155, 2012)
Derrière ces clôtures taciturnes [en Algérie], ces portes massives comme des portes de citadelles, ces guichets barricadés avec du fer, il y a les deux grands mystères de ce pays-ci, la fortune mobilière et les femmes. (Eugène Fromentin, Une année dans le Sahel, 1858)
4. Qui parle peu, réservé par nature.
[...] ; lorsque le hasard les forçait de se trouver ensemble, il devenait taciturne, maussade, ne répondait qu'avec difficulté aux questions qu'elle lui adressait et avec cette maladresse habituelle aux amoureux peu aguerris, il saisissait le premier prétexte venu pour la quitter. - Gustave Aimard, Les Trappeurs de l'Arkansas
5. (Littéraire) Qui est marqué par un silence expressif ou qui incite au silence.
Les villages où nous passâmes sont tristes, sombres, humides, misérables et taciturnes. - Gustave Flaubert et Maxime Du Camp, Par les champs et les grèves (Voyage en Bretagne)